25 juin 2008
Quand le destin s'en mêle...
Aujourd'hui c'était le premier jour des soldes, et comme toute fille ou presque, c'est-à-dire possédant le gène du shopping et étant un brin maso, je suis allée faire les magasins.
La bonne idée.
Il doit faire 50° degrés dehors.
Et à l'intérieur aussi.
Avec les copines, on a été bien déçues. Innocentes que nous sommes, on s'imaginait que les soldes, c'était quand les commerçants faisaient des prix raisonnables, et qu'on pouvait même faire des affaires.
On est connes hein.
Et puis ces hordes de filles déchaînées, ça fait flipper. Elles te poussent, te bousculent, te doublent à la cabine d'essayage, non mais oh, ça va ce bordel oui.
Et puis ce qui fait peur c'est surtout que ces filles portent du 34. Pour de vrai.
- Oh zuuuut, ils ont que du 36 !
Ajoute à cela la pollution olfactive due à l'excès de parfum et une envie de meurtre naît soudainement.
Mais bon, quand on est mordue de shopping, on supporte. La chaleur, les odeurs, les bousculades, l'énervement. On supporte. Parce qu'on espère dénicher des affaires en or, parce que claquer notre paie en fringues et chaussures, nous, on aime ça.
On supporte même les bandes de collégiennes qui te font des coucous et regardent les fringues que tu as dans les mains. T'as beau cacher le slip Hello Kitty, trop tard, ta réputation est faite. Tu portes des slips Hello Kitty.
Et en fin de journée, ô bonheur.
The pantalon, celui qui est beau, qui te fait belle comme une déesse, qui coûte rien du tout, celui que tu attendais, un peu le prince charmant du pantalon. Pour la peine, j'en prends deux. Et je fais même un sourire à la caissière. Je lui tends ma carte bancaire en trépignant, vite vite, je veux mes pantalons.
- Désolée Mademoiselle, ça marque "Carte muette".
- Tss tss, pas d'excuse. Réessayez.
- Suspense... Non toujours muette...
- Mais qu'est-ce qui lui prend à cette conne ? D'habitude elle sait la ramener cette foutue carte ! Essayez encore !
- Suspense... Non.
- Donnez-moi ça, je vais la frotter, là sur ma jupe, là sous ma godasse, un peu sur le beau pantalon aussi... Allez-y on retente.
- Mhhhh... Non !
- Putaaaaain. Bon, vous ne bougez pas, je vais retirer des espèces.
Je sors presque en courant du magasin, je me précipite sur un distributeur.
En raison d'un incident technique, nous ne pouvons bla bla bla.
Le destin j'vous dis. Le destin qui, assez peu subtilement, m'annonce que j'ai claqué suffisament d'argent pour aujourd'hui.
- Et sinon, les pantalons, vous me les mettez de côté ?
Image : http://blog4.lemondeinformatique.fr/le_blog_des_cybriens/2006/01/premier_jours_d.html
31 mai 2008
Elèves modèles ou modèles d'élèves
Depuis plusieurs mois, je suis seule en cours à la fac avec la Mocheté. Oui, la Mocheté et moi, seules face au prof. Je m'ennuie drôlement, parce que je l'aime pas du tout la Mocheté. D'ailleurs, depuis peu, avec les copines, on l'appelle la Mochanceté, parce qu'elle est méchante méchante, très méchante. Mais mes copines ne passant pas l'agreg, les cours sont sacrément ennuyeux avec elle.
J'ai bien essayé de tenter une approche avec la Mocheté mais j'ai pas pu aller jusqu'au bout, vraiment, elle est trop moche et méchante.
Du coup, en cours, je m'ennuie. Et quand je m'ennuie, j'observe.
La Mocheté note tous ses devoirs dans un agenda décoré d'une photo de chat, un jour à la page, tout est bien noté en bleu, rien ne dépasse.
Mon agenda à moi est rouge, immense, recouvert d'autocollants. Quand je l'ouvre, un million de papiers s'envole. J'y écris de toutes les couleurs et puis parfois, j'oublie quand même ce que j'ai à faire.
La Mocheté a une trousse toute neuve, petite, mais juste bien à la bonne taille pour mettre le minimum vital de stylos. Stylos qui fonctionnent toujours d'ailleurs. Elle a accroché un petit porte-clés chat à sa trousse.
Je balade la même trousse depuis le lycée, elle est en cuir, plus le temps passe, plus elle est jolie. Enfin c'est mon avis. Mais si elle regorge de stylos en tous genres - rose, bleus, verts, à paillettes, mini-surligneurs - aucun de fonctionne jamais. D'ailleurs souvent je l'oublie la trousse. Parfois j'ai un vieux stylo qui traîne au fond de mon sac. Et parfois pas.
La Mocheté a un trieur bien rangé, avec des étiquettes. Tous les soirs, elle en vide le contenu après avoir appris ses leçons.
J'ai perdu mon trieur au cours d'une guerre. Ou d'un grand ménage. Du coup, j'ai une pochette cartonnée à élastiques. Enfin pleins de pochettes en fait. Que je sème. Impossible de remettre la main sur mes cours.
La Mocheté note ses cours sur des copies doubles qu'elle numérote. Elle écrit à l'encre bleue. C'est tout propre. Lorsqu'elle fait une erreur, elle utilise un effaceur.
Je prends mes cours au dos de feuilles récupérées au collège, parce que j'aime pas jeter. Derrière Dante et Pétrarque se trouvent des emplois du temps et des listes d'élèves. Lorsque je fais une erreur, je fais un pâté de blanc correcteur. Ou alors un gribouillis.
La Mocheté écoute attentivement le cours, sourit, rit aux blagues des profs, hoche la tête d'un air entendu.
J'écris des textos, je regarde par la fenêtre, je rêvasse, je m'assoupis.
La Mocheté dédie toute sa vie à l'agreg. Pas de job, pas de vie sociale, pas de mec.
18 heures par semaine, je crie, je surveille, je cours, je rigole. Dès le vendredi soir, je dédie mon week-end à mes copains et aux restos. Dès le lundi soir, je dédie ma semaine à mes copines et aux séances ciné.
La Mocheté apprend toujours parfaitement ses leçons et prépare tous les textes que l'on va étudier en cours.
Les textes ? Quels textes ?
Allez savoir pourquoi, la Mocheté est admissible à l'agreg'. Et pas moi. Et pourtant j'ai décroché un 14 en dissert.
12 mai 2008
Eluise en Suède
J'aime les week-ends qui se prolongent. Ou ceux qu'on prolonge soi-même en annonçant à son proviseur qu'on a cours à la fac alors qu'on se sauve pour cinq jours en Suède.
Ah la Suède avec ses rennes, ses blondes, ses Ikéa, ses bières light, ses Kottbullar, ses saunas, ses vélos.
Le cadre : Un camping. Une Skoda Fabia. Stockhom et ses environs. Un temps magnifique. Revenir de Suède avec des coups de soleil, ça c'est la classe. Par contre face à Proviseur Foufou demain, ce sera moins classe.
Les protagonistes : Ze Tomtom, Miko, Krisprolls et Eluise en grande forme.
Rapide bilan du séjour suédois :
- avons assisté à une confirmation de protestants luthériens,
- avons été victimes d'une petite suédoise certifiée moins de 10 ans qui matait les garçons tout nus dans le sauna,
- avons assisté à une parade d'une vingtaine d'écoles de musique européennes, musiciens déguisés en canards, en majorettes, en lapins violets,
- avons payé 25 euros pour garer la Skoda quelques heures dans un parking du centre,
- n'avons rien compris aux menus, d'où l'arrivée fracassante dans mon assiette d'une tarte au roquefort et dans celle de Ze Tomtom d'une salade aux crevettes,
- avons attendu Krisprolls qui devait faire caca à chaque fois qu'on était prêt à partir,
- avons eu affaire à des gentils hooligans suédois,
- avons halluciné devant la forte proportion de blondes à gros seins et de fausses brunes,
- n'avons rien trouvé à picoler,
- avons fait trop peu de shopping à mon goût,
- avons pique-niqué au bord d'un lac en assistant au coucher du soleil,
- avons découvert la vie d'Alain Colas grâce à Miko,
- avons été intoxiqués par les gaz dudit Miko.
La Suède avec les copains, c'est vraiment cool.
18 avril 2008
Souvenirs capéssiens
Comme vous l'avez certainement remarqué, je suis en vacances. J'en profite pour bien glander. Par contre je suis sacrément emmerdée parce que loin de mes muses (350 collégiens ingrats en folie), je ne suis plus rien, le blog crie famine. Si un beau brun faisait son apparition dans ma vie, j'aurais de quoi écrire. Si c'était la période des soldes, pareil. Mais nan, rien de rien.
Quoi, vous vous imaginiez que j'étais en train de préparer les oraux de l'agreg à fond la caisse et que c'était pour ça que j'imposais ce silence bloguesque ? Que nenni. Les vacances, c'est fait pour se reposer, sachez-le.
Et puis depuis mon mémorable passage aux oraux du CAPES l'an dernier, je me méfie moi, des oraux. Allez j'vous raconte.
Déjà, j'ai bien failli ne pas y aller parce qu'une personne mal intentionnée de ma promo, elle aussi admissible, a fait échanger nos dates de passage, pour tout un tas de raisons qui resteront obscures à jamais. Ca vous épate hein ? Moi aussi, à l'époque, ça m'a épatée qu'elle ait eu le culot d'appeler la dame du Ministère, et surtout que la dame du Ministère ait accepté l'entourloupe, le tout sans me tenir au courant, il va de soi. Heureusement, mes qualités de pionne de folie - espionner tout et tout le monde en toutes circonstances, arracher des aveux à un muet, veiller même quand je dors - m'ont permis de déjouer le guet-apens qui m'était ignoblement tendu.
Puis vint le grand jour. A peine arrivée, je demande à un type qui traînait là "où qu'c'est les toilettes siouplé m'sieur". Evidemment, ce grand type, c'était juste le président du jury, je me sentais pas du tout conne comme ça.
Ensuite on m'a filé le premier sujet à préparer, tout un tas de documents dont certains qu'on avait déjà étudiés en cours pendant la préparation au concours. La chance me direz-vous. Eh ben nan. Et vous lecteurs-profs, vous savez quel piège c'est pour un élève de tomber sur un sujet qui ressemble à ce qui a été fait en classe, en général, c'est la merde, on essaie de ressortir le cours, mais en moins bien donc on se plante misérablement. Donc j'étais toute paniquée avec mon sujet pourri, et du coup j'ai pas eu le temps de finir et les surveillants ont dû me virer de la salle de préparation, "siouplé m'dame, siouplé encore juste une minute" que je gémissais.
Hop on repasse par le vestiaire pour se débarasser de tout ce qui fait interférence face au jury. J'me débarasse de ma trousse, de mes gâteaux, de mes Candy Up, de mes gri-gris en tous genres et on avance dans le couloir de la mort. Autant dire qu'à ce moment-là, je suis sur le point de défaillir, mes jambes sont en coton, j'ai vaguement envie de vomir, ma voix disparaît, ma bouche tremble, argh au secours, mais qu'est-ce que je fous là putain. Le jury me fait signe d'entrer. Ils ont l'air sympas en fait. Je m'avance en souriant, je suis une winneuse, je suis une winneuse.
Zooooup ma godasse de fille glisse sur ce putain de plancher, ma jambe part en avant, mon bras se raccroche désespérément à la table, je suis presque par-terre mais je sauve l'honneur en me relevant d'un coup de bassin vers l'avant.
Le jury hallucine.
Putaiiiin.
Je m'assois comme si de rien n'était, les cheveux en bataille, les genoux en feu, je souris de toutes mes dents.
Et là je réalise.
Je réalise qu'au vestiaire j'ai laissé mes lunettes.
Je réalise qu'au vestiaire j'ai omis de laisser mon surligneur. Qui est en fait un joujou surligneur, un genre de petite soucoupe volante à trois couleurs vachement rigolo. Et que je l'ai dans la main. Je le pose à l'autre bout de la table, comme si je ne savais pas ce qu'il faisait là. Toujours en souriant bêtement. Evidemment ce grand mouvement de bras attire toute l'attention du jury. Ils sont tous là à mater mon joujou.
Le jury continue à halluciner.
Mais ce n'est pas fini.
Je fais ma présentation, pas finie puisque ces saletés de surveillantes m'ont virée à coups de pieds au cul. La première question du président tombe. Ce n'est pas une question :
- Je n'ai pas compris votre objectif.
Bon. Ca, c'est fait.
Un excellent souvenir, comme vous pouvez le constater. Du coup, les oraux et tout le tralala, j'm'en méfie. Parce que ce jour-là, j'ai eu la meilleure de toutes mes notes au concours.
08 avril 2008
Eluise se désagrège
Si tu n'as pas la chance de passer des concours de l'éducation nationale, tu es sur le bon site parce que je vais te raconter comment ça se passe. Ici et maintenant.
Ce matin, c'était la première épreuve de l'agrégation externe, un concours qui rigole pas des masses. Et moi je rigole pas des masses non plus parce que mon concours je le prépare depuis un an alors j'ai intérêt à être top niveau sinon mon année je l'ai dans le cululu.
Hier soir, je mange sainement et hop à 22h30 au lit. Je suis pas une bête de concours là franchement ?
Sauf que le chat des voisins du dessus a fait la samba jusqu'à 2h du mat', jusqu'à ce que je mette des coups de balai dans le plafond, oui, comme une mémé, en gueulant "Putaaaaaain !", et là j'avais moins l'air d'une mémé, croyez-moi.
Sauf que du coup à 2h du mat' j'avais faim, parce que manger sainement ça donne la dalle, et du coup j'me suis envoyé un paquet de chips Saveur Spicy, j'avais la bouche en feu et j'ai fait pleins de cauchemars.
Ce matin, j'avais quand même la forme.
J'ai mis très exactement six minutes à pied pour me rendre sur les lieux de l'épreuve. Merci le rectorat, pour une fois qu'ils ne font pas n'importe quoi, il faut le signaler.
Une fois sur les lieux, la fête commence. Les concours, j'aime bien parce que c'est l'occasion de retrouver pleins de copains-copines aux épreuves. Hop j'ai bien tapé la discute avec des vieux potes, j'avais même plus l'impression que dix minutes plus tard j'allais à l'échafaud, ouais allez on s'appelle, passe le bonjour à bidule, mais nan j'suis con on s'voit demain.
Après comme je suis un peu sérieuse, je me suis finalement assise. J'avais la table la plus pourrie, juste entre le radiateur et la fenêtre, histoire que je meurs de chaud au milieu des courants d'air. Puis je m'organise. Je sors mes stabilos de toutes les couleurs, je mets bien ma montre à plat sur la table, j'attache ma frange avec une barrette pour pas qu'elle vienne faire du bordel dans mes yeux pendant que je réfléchis, je déballe mon casse-dalle au Kiri, je vérifie le niveau de l'encre de mon stylo à plume. Et enfin j'attends. Tout le monde attend qu'il soit bien exactement neuf heures pour ouvrir l'enveloppe qui contient les sujets. Alors que bon on pourrait déjà l'ouvrir avant neuf heures et puis attendre après pour lire les sujets. Parce que le sujet, ils le distribuent à l'envers. Alors moi, je m'arrache les yeux pour lire à travers la feuille, le nez collé au bureau, mais on n'est tellement pas nombreux que c'est vite distribué et du coup on peut vite retourner et j'me suis pété les yeux pour rien.
Bam, la littérature médiévale, Dante pour être précise. Rah merde.
Commencent alors sept longues heures de réflexion intense.
Entrecoupées par deux pauses pipi.
Un dévorage de sandwich au Kiri.
Une dégustation de petit yaourt Nesquik.
Quinze soupirs.
Trois rigolades.
Trente matage de plafond en attendant l'inspiration divine.
Un repoussage de cuticules à l'aide d'un capuchon de Bic.
Un oeil sur la feuille de la voisine qui a tout caché.
Une communication avec la voisine de devant : "T'as fini ? " "Naaaan ! Et toi ?" "Naaaan !".
Et surtout, douze belles pages de dissertation.
Je suis par conséquent mi-morte mi-vivante. Et demain j'enchaîne.
Mais comme vous pouvez le constater, je ne manque jamais à mes devoirs de bloggeuse. Si c'est pas la classe ça.
02 avril 2008
Carnage capillaire
En ce moment, je me coltine une poisse pas possible.
A toi, l'enfoiré d'inconnu qui a crevé les deux pneus de mon vélo : sache que je te retrouverai et que je te ferai bouffer tes c... euh tes ciseaux.
A toi, le conducteur de tracteur qui dégueulasse ma Twingo en foutant de la boue partout, sache que je me vengerai.
A toi, le voisin d'en bas qui gare ta voiture tunée devant la porte de l'immeuble de sorte que je ne puisse plus entrer, sache que c'est ta voiture qui paiera pour toi, un jour.
Oui, le monde complote contre moi.
Mais tout ça, ce n'était encore rien.
Je suis la victime malheureuse d'un honteux carnage capillaire de niveau 9.
Hier, je me pointe chez un nouveau coiffeur dont j'ai tellement entendu chanter les louanges que je m'étais dit c'est bon, il me loupera pas, allons-y tranquillement. Par ailleurs, ce coiffeur est fort fort charmant, et son physique parfait n'a d'égal que son homosexualité. Ca aussi, vous en conviendrez, c'est un gage de sûreté. Enfin, le salon est top fashion, rouge, jaune, moderne, super, j'me dis, il a du goût ce coiffeur. C'est donc en toute confiance que je lui confie mes attributs les plus précieux : mes cheveux.
- Alors on fait quoi mademoiselle ?
- Bah je sais pas trop, j'aimerais bien pas trop couper, bidouiller un peu la frange...
- On peut faire un dégradé à la Jennifer Aniston !
- Quoi ?
Mon sang n'a fait qu'un tour. Le dégradé de Jennifer Aniston a connu son heure de gloire, certes. Mais c'était il y a plus de 10 ans.
- Nan nan nan, c'est kitsch, j'veux pas !
- Mais nan c'est pas kitsch ! J'ai une technique super, je coupe au rasoir, pas besoin de brushing, ça fait des coupes ultra modernes, tout le monde adore...
- Mais moi j'aime pas ce dégradé-là, c'est moche.
- Mais nan ! Et puis je ferais des mèches courtes, dégradées sur le devant, qui entourent le visage.
- Quoi ? Comme Mireille Mathieu ? Mais ça va pas la tête ?
- Bon dans ce cas mademoiselle je vous propose de ne rien couper et de rentrer chez vous.
- Oh bah ça va hein, faut pas se vexer. Allez-y coupez, mais si j'suis pas contente, c'est vous qui allez regretter.
Le coiffeur canon me lave la tête, et il commence son carnage capillaire, à mon insu, ai-je envie de dire. Puis il sèche, sans la brosse, tout content de lui.
Et là, je me retrouve avec une mini frange comme Mila Jovovich dans Jeanne d'Arc, des méchouilles comme Mireille, du
volume, du volume, du volume. Je tirais franchement la gueule.
- Mais nan, ça va dégonfler, vous allez voir ! C'est super.
- C'est super gonflé oui.
Je quitte le salon sans trop savoir que penser.
Une fois chez moi, je contemple les dégâts. Sur le dessus, mes cheveux mesurent environ 3 cm, ça me fait comme une petite couronne, ou un nid d'oiseau. En dessous, des queues de rat. Une version moderne de la coupe mulet. Un carnage. Je me lave les cheveux, on sait jamais, ptêt qu'en arrosant ma tête les cheveux vont repousser. Je les sèche, le carnage s'intensifie. Je sens le désespoir m'envahir. Calmons-nous, demain est un autre jour.
Ce matin, la toute première chose que j'ai faite a été de me regarder dans un miroir. Et de crier. Le nid d'oiseau s'était dressé à la verticale. La frange avait rétréci. Les queues de rat rebiquaient dans tous les sens. Horreur. Stupéfaction. J'appelle immédiatement le coiffeur, qui n'a guère caché son agacement.
- Euh là j'ai vraiment un souci hein.
- Mais non, il faut s'habituer. Et maîtriser le coiffage !
- Mais je croyais que le but c'était de pas coiffer !
- Mais oui !
- S'il vous plaît, qu'est-ce que je peux faire, je vous en prie sauvez-moi.
- Moi je ne veux rien couper hein. Si vous voulez vous pouvez passer ce soir et je vous montre comment coiffer.
C'est ça oui, fous-toi de ma gueule.
Je me rends donc chez un autre coiffeur. Qui lui aussi visiblement faisait partie du complot capillaire.
- Mais cette coupe est supeeeeer ! C'est vachement la mode !
- Oui la mode de la Star Ac'...
- Mais non, la mode des années 80' !
- Ben c'est bien ce que je dis, c'est kitsch !
Personne ne me comprend, le monde s'est ligué contre moi.
Mais la journée n'était pas finie. J'avais zappé un détail crucial : le mercredi, c'est le jour des enfants. Et des ados. Et des élèves. Et ils aiment se promener en ville. Et le salon de coiffure, il était en ville. Par conséquent, la rencontre était inévitable.
- Eh c'est la pionne ! Madame ! Eh vous vous êtes coupé les cheveux ? Ah... C'est bizarre !
Merci, vraiment, merci.
Et ne vous avisez pas de me dire que c'est supeeeeeer hein ! Vous voyez Julie de La Nouvelle Star de l'an dernier ? Bah c'est ça.
02 mars 2008
Pour toi lecteur
J'ai noté, non sans un certain contentement, que des lecteurs s'étaient décidés à sortir de l'ombre. Ce que j'apprécie. J'écris pas pour moi (quoique), je réclame de l'interaction, du dialogue, du débat, j'ai envie de vous entendre, de savoir qui me lit, parce que je suis une indécrottable curieuse aussi. Y'avait qu'à demander.
Pour vous remercier, voici deux cadeaux. Eh oui, j'suis comme ça.
Tout d'abord, vous l'avez demandé, je m'incline. Voici les raisons des surnoms donnés aux gens de ma prépa capes-agreg, suite à l'article Vieille Baltringue et compagnie. On dit merci qui ?
- La Statue Grecque est un garçon tout body buildé aux vêtements extrêmement moulants qui prend des poses. Hop un bras plié à 90°, hop la tête de profil, hop les jambes un peu arquées. Et il bouge plus. Une statue grecque.
- Dio Cristo est ainsi surnommé depuis qu'il s'est mis à hurler que oh Dio Cristo, il avait perdu ses lunettes.
- One chicot doit son surnom à une dentition très spéciale, composée d'incisives très proéminentes. Oui c'est méchant je sais.
- La Mocheté vous ferait peur. Sans rigoler. Même look depuis le collège, des cheveux sales, des dents jaunes, des boutons rouges, des mini-mains, une peau laiteuse, des petites jambes. Ca aussi c'est méchant, j'avoue.
- Le Mouton ressemble tellement à un mouton que ça en devient troublant parfois.
- La Prostipute aime le mauvais goût, le fond de teint à la truelle, les associations de fringues douteuses.
- Le bassin de l'Anorexique est aussi large que mon corps de profil. Effrayant.
- Rabbi Jacob s'est auto-surnommée ainsi depuis qu'elle a adopté le carré plongeant sur ses cheveux frisés. Oui, de longues mèches frisées devant qui pendouillent, c'est ça.
- La Vieille Baltringue a deux fois mon âge, s'habille chez Jennyfer, et dit n'importe quoi en permanence, donc elle le mérite bien son surnom.
- Les Lunettes Dior, c'est parce qu'on se souvient jamais du prénom de la fille, par contre ses lunettes sont énormes.
- English Teacher prépare le capes d'italien mais elle a une tête de prof d'anglais, c'est comme ça, personne n'y peut rien. Cheveux courts, chemise blanche, visage gentil, air sérieux, c'est bête oui je sais.
- La R moscia, c'est quand on ne sait pas rouler le R italien, qu'on le fait racler à la française. La fille surnommée R moscia fait exprès de ne pas rouler ses R "parce que ça donne un genre". Elle se donne des airs... (joli le jeu de mots nan ?).
- Jean-Marie, j'ai cru pendant des mois que c'était vraiment son prénom parce que tout le monde l'appelle comme ça. C'est quoi son prénom déjà ?
Voilà, ça c'est fait. Vous noterez un sens certain de l'observation et de l'à propos.
Ensuite, voici le cadeau promis hier. Non pas une mais deux photos de moi.
Mi-ange....

....mi-démon !

Ne criez pas à l'entourloupe, il s'agit bien de photos de moi non ? En plus, croyez-moi, j'ai pas changé... (notamment en ce qui concerne l'harmonie des couleurs, notez-le bien).
01 mars 2008
Eluise et les garçons
Ce sont mes derniers jours de vacances, donc j'en profite pour continuer à alimenter la catégorie La vraie vie d'Eluise et surtout pour satisfaire votre incroyable curiosité à mon sujet. Qui est Eluise ? Une simple pionne, doublée d'une étudiante ? Brillante l'étudiante ou un brin flemmarde ? Une bombe atomique ou Ugly Betty ? Une briseuse de coeur ou un coeur brisé ? Une garce ou une brave fille ? Qu'est-ce qu'elle aime Eluise, à part Hello Kitty ?
Vous avez vu, j'ai déjà répondu à pas mal de ces questions au cours des derniers jours, j'assure grave comme bloggeuse j'trouve. En plus, vous ausi vous assurez pas mal je dois dire dans le genre lecteurs. Vous me soutenez, vous me conseillez, vous m'asticotez, vous m'embêtez, vous rigolez, vous assurez, j'vous kiffe. Enfin quand je dis les lecteurs, je parle de ceux qui laissent des commentaires, parce que y'a certains visiteurs, ils passent souvent mais ils me laissent jamais de petits mots, ces ingrats. J'vous jure hein. En plus j'ai remarqué que ce sont surtout les filles à laisser des commentaires. Y'a quelques mecs, hein, j'vous ai vus, vous inquiétez pas, mais quand même. Du coup, tout ça, ça me rappelle combien j'ai la poisse avec les mecs (hop transition boiteuse).
Parce que effectivement, j'ai clairement la poisse avec les mecs. L'équation Eluise + un mec = un couple, ça existe pas. Pour moi ça donne plutôt Eluise + un mec = un carnage intersidéral. Sans rigoler. Un truc de ouf, comme ils diraient les djeuns. Prenons par exemple le cas de l'Invité qui est aussi l'Hôte, ben oui c'est la même personne, qui m'amène à m'interroger. Je pensais que même en étant très différentes, deux personnes pouvaient s'entendre et former un couple (mot compte quadruple). Genre je pensais que l'un pouvait aimer De Gaulle et l'autre Hello Kitty, l'un les costards et l'autre les chaussures rose, l'un les documentaires en cinq parties et l'autre la Starac', l'un les musées et l'autre les centres commerciaux, l'un l'informatique et l'autre la littérature, l'un le café et l'autre le chocolat, l'un le président et la politique et l'autre pas. Parce qu'au fond tout ça c'est pas méga grave nan ? Et ben si.
Lui : - On va visiter un musée, on s'arrête boire un café et ce soir on regarde le documentaire sur De gaulle ?
Elle : - Ou alors on va faire un peu de shopping, j'veux une nouvelle paire de chaussures, et puis m'acheter plein de chocolat !
Incompréhension. Pas insurmontable me direz-vous. Et ben si.
Elle : - Ok, mais bon pour De Gaulle c'est nan, faut pas pousser hein.
Lui : - Tu préfères le doc sur Napoléon ?
Elle : - Nan. J'aime pas, c'est pourri Napoléon.
Lui : - T'es chiante.
Elle : - Je suis une fille. Tu boudes ?
Lui : - Nan.
Elle : - Menteur. Dis-moi ce que tu ressens.
Le gros mot est lâché. J'apprends à mes dépends que l'Homme ne ressent pas. Ou alors il veut pas que ça se sache. Il se contente d'un "Groumf" en guise de réponse. Et il croit que je vais lâcher l'affaire.
Elle : - Quoi tu me trouves nulle c'est ça ?
Lui : - Mais naaaaan.
Elle : - Tu m'aimes plus ? Pourquoi tu souffles ?
Lui : - Bon on parle d'autre chose ?
Elle : - Quoi ? Attends on parle d'un truc vachement important et toi t'esquives ah la la. Mais c'est pas possible !
Comme vous le voyez, j'ai la poisse et pourtant j'ai lu Les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus, c'est dingue quand même. Bon c'est vrai que je suis passablement chiante. Mais là j'exagère un peu quand même hein, pour vous, je suis pas une mégère quand même. J'suis gentille quand je veux. Et je fais même à manger.
Mais rien n'y fait. L'Homme m'agace. Et j'agace l'Homme. C'est la dure réalité.
Alors si toi, lecteur masculin perdu dans ce blog de fille, tu es beau, jeune, riche, sympa et drôle, sache que je suis chiante, peste, bavarde, bruyante et boudeuse mais accessoirement, célibataire.
Demain, une photo de moi !
28 février 2008
Vieille Baltringue et compagnie
C'est encore les vacances, mais moi j'ai déjà repris les cours à la fac. Quelle bande de radins ces universitaires, on fait rien du tout avec une seule semaine de vacances, j'vous jure.
Et la fac, c'est presque aussi marrant que le collège. Parce que je suis de l'autre côté de la barrière.
En cours, avec mes copines, on ricane, on se fait passer des petits mots, t'as vu comment elle est habillée la prof, c'est quoi ce poncho, un tapis tu veux dire, psst t'as passé un bon week-end, ouais mais bon avec Vincent tu sais c'est dur, ah ouais tu l'as appelé, merde ma chaussure se décolle, putain tu les as payées cher ces godasses, quelle arnaque, chuuut
mesdemoiselles.
Je dors en cours, parfois, parce que c'est chiant, mais surtout parce que la veille j'ai regardé Ugly Betty et ça finit vachement tard.
Parfois je boude aussi, quand la prof m'embête à me poser des questions sur l'isolexisme pronominal du vers 4, qu'est-ce que j'en sais moi.
Je bavarde beaucoup, parce que j'ai pleins de trucs à raconter à mes copines, et non, ça ne peut pas attendre la pause, parce que d'abord y'en a pas de pause, et midi ça fait loin quand même, et puis j'aurais oublié ce que je dois leur dire.
J'arrive en retard, tout le temps, mais ça je fais pas exprès hein, c'est mon vélo qui roule pas assez vite et mon réveil qui sonne pas assez fort.
Bref, la fac c'est super.
Mais ce qui me rappelle le collège, c'est qu'à la fac aussi on trouve de sacrés cas, comme au collège. Dans ma "classe" de préparation à l'agreg' et au capes, on est une grosse vingtaine, et en dehors de mes copines formidables et moi, et allez, soyons fous, quelques personnes normales, ben y'a que des bras cassés. Des gens qui font le festival de la connerie quotidiennement. Un bonheur. Ils ont tous un petit surnom. La Statue Grecque, Dio Cristo, One Chicot, La Mocheté, Le Mouton, La Prostipute, L'Anorexique, Rabbi Jacob, La Vieille Baltringue, Les Lunettes Dior, English teacher, La R moscia, Jean-Marie.
Mes copines et moi, on est des filles sympas hein ? Mais vous me connaissez, je suis pas une critiqueuse. Nan nan nan. Tout ça, c'est justifié.
Prof : - Je vais vous faire écouter un extrait d'un opéra écrit au 18e siècle...
Vieille Baltringue : - Ca a été enregistré à l'époque ?
Prof : - Quelle époque ?
Vieille Baltringue : - Ben au 18e !
Prof : - Enregistré au 18e ? Mais réfléchissez !
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Prof : - On dit la réglisse et non pas le réglisse.
Vieille Baltringue (oui c'est un peu ma préférée) : - La dernière fois j'ai vu sur le paquet de tisane au réglisse que prend mon papa que la réglisse bah ça a des effets sur l'hypertension alors j'ai dit à ma maman de faire attention parce que mon papa il fait de l'hypertension, alors bon c'est dangeureux quand même hein.
Prof : - On vit dangeureusement hein.
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Vieille Baltringue (encore elle) : - Monsieur, vous pouvez répéter le nom du Môssieur qui a écrit le livre ?
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Dio Cristo (en plein cours) : Oh Dio ! Ho dimenticato gli occhiali ! Dio Cristo ! Non ci vedo ! (Oh mon dieu, j'ai oublié mes lunettes ! Jésus ! Je vois rien !)
Prof : - Oui bon ben remettez-vous.
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Prostipute : - Je suis Professeure d'allemand.
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Prof : - Quelle est la nature grammaticale de "dalla cima degli alberi" dans la phrase ?
Le Mouton : - Bah ça veut dire que ça vient de la cîme des arbres et que ça se propage...
Prof : - Cessez donc ce pipautage impressionniste.
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One chicot : - Monsieur c'est quoi ça ? (elle désigne la corbeille à papier).
Prof : - Euh... J'ai envie de dire... Une corbeille à papier ?
One chicot : - Ok ! Merci !
Oui je subis ça. Tel quel. Je n'exagère pas. Pas de private joke, pas de contexte, tout ça sort comme ça, spontanément, de la bouche de ces gens qui passent un concours pour enseigner et qui souvent, ont deux fois mon âge (ah l'âge alors...).
Mais bon, on a tous nos défauts hein. Et surtout, qu'est-ce qu'on rigole avec les copines.
Oui je sais, cet article tient de l'article privé à destination de mes copines et vous ça vous a sûrement pas trop fait rigoler, mais bon je suis en vacances hein.
27 février 2008
Bilan parisien
Paris, j'y vais principalement pour faire du shopping.
- parce que oui c'est ma passion
- parce que dans ma petite ville de province composée d'une rue commerçante, ok deux j'exagère, y'a pas beaucoup de magasins.
Donc j'ai raison de vouloir faire du shopping.
Et mon Hôte a par conséquent tort de se moquer de moi et de me proposer d'aller visiter, au choix, le Mémorial Charles de Gaulle, le Musée de la Légion Etrangère, ou un autre musée pourri.
Mais comme il est gentil, il m'accompagne. Mais il reste devant le magasin. Et il soupire. Il trépigne. Parfois il se sauve. Alors moi je me dépêche, je regarde vite fait, j'essaie rien du tout et je ressors frustrée.
- Pourquoi tu m'accompagnes pas à l'intérieur ? On pourrait regarder ensemble et puis...
- Regarder du Hello Kitty pendant trois heures, excuse-moi mais ça me passionne pas.
L'Homme a parlé. Tant d'ingratitude, j'vous jure.
Du coup, ben je suis rentrée de Paris avec un bilan shopping proche de zéro, ça me fait tout bizarre. J'ai pas l'habitude. Mais c'est pas grave, ça me permettra d'y retourner. Avec un être doté du gène du shopping. Genre une fille. Héhé. Parce que Paris c'est bien quand même.
Oui j'aime Hello Kitty. Et je décline cette passion en pyjamas, chaussettes, tee-shirts, sacs, stylos, boîtes, autocollants, tapis (oui, tapis), miroirs, règle, etc etc... Et non j'ai pas honte.
