Une pionne assiste l'éducation en permanence

Une assistante d'éducation (ou une surveillante, une pionne quoi, c'est devenu un sacré foutoir) livre les clés du collège et les secrets des pions.

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02 juillet 2008

Pétage de pions

relaxBandes de lâcheurs de profs, ils sont tous en vacances, et vas-y que je me la pète. Nous en attendant, on trime encore. Enfin, trimer est un bien grand mot pour caractériser l'immense glande de ces ultimes jours.

Côté lycée, on ne fait carrément plus rien, le bahut est désert mais nous on vient faire acte de présence, nos pas résonnent dans les couloirs, on erre dans les escaliers, on se traîne d'un ordi à l'autre, c'est d'un triste. Du coup on s'est dit qu'on se fera un grand cache-cache un de ces jours, ça va être bigrement marrant.

Côté collège, c'est pareil mais avec des élèves. Parce que oui, y'a encore des élèves qui viennent. C'est dingue hein. Je passe mon temps à leur dire :

- Mais bordel qu'est-ce que vous foutez là, rentrez chez vous !

Mais nan. Ils disent que chez eux, ils s'ennuient.

- Quand tu séchais les cours tu t'ennuyais pas chez toi pendant l'année ??

- Bah nan, là c'est pas pareil, c'est rigolo.

C'est vrai que c'est rigolo. Plus de cours mais des "activités pédagogiques" vachement marrantes à laquelle les élèves s'inscrivent librement. Ou pas. Les profs adorent :

- 'Tain fait chier celle-là, elle est la seule inscrite de mon activité, elle pouvait pas choisir autre chose ?!

Eh oui, même les profs deviennent rigolos. Ils débarquent en masse pour squatter notre bureau, ils ont le sourire, et même, incroyable, ils nous parlent.

Mais nous, on n'est plus opérationnels pour tenir des conversations. Déjà, on a décidé qu'on voulait plus d'élèves en perm'. Ils se démerdent, mais nous, on veut plus personne, j'vous dis pas la paix royale que ça nous fait. Proviseur Foufou a bien essayé de nous refourguer quelques affreux en inscrivant une activité à notre niveau, j'entends "jeux de société et jeux de ballons" mais non non non, on a dit pas d'élèves.

Pourquoi ?

Parce qu'on a autre chose à faire. On a fait un super tournoi de lancer de boulettes de papier dans la corbeille, je dois dire que je me suis pas mal démerdée, Olivier était jaloux. Il a argué la chance du débutant mais que nenni, le talent c'est le talent.

Ensuite j'ai tenu, pour vous, à me tenir au courant des derniers potins : Jojo sort toujours avec Seb et pour l'instant ça roule.

Toutefois, nous n'acceptons les élèves qu'à une condition : qu'ils apportent quelque chose à manger. Car profs et élèves se goinfrent de Pépitos et de Banga pendant les derniers cours mais nous les pions, quand est-ce qu'on mange ? Du coup, des élèves ont eu pitié de nous et on a pu nous aussi se blinder la panse à coup de brownies au chocolat.

Avec tout ça, j'vous dis pas l'état du bureau. Entre les billets d'absence de la semaine dernière qui traînent, les miettes de gâteau et les boulettes de papier, on nage dans un sacré bordel.

Bordel qu'on va devoir ranger la semaine prochaine, lorsqu'on sera de "semaine administrative". Mais c'est quoi cette arnaque ?

Vous inquiétez pas, j'ai déjà une parade, je ne suis pas une pionne de folie pour rien.

Posté par Eluise à 17:51 - Fierté de pion - Commentaires [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 juin 2008

Artiversaire

auguriAujourd'hui, nous fêtons le 100e message du blog.

Et j'ai bien cru que tout le collège me faisait la fête !

Steph' avait apporté des madeleines au bureau, j'étais toute contente, c'était un peu ma madeleine d'anniversaire, pour peu j'y aurais foutu une bougie. Mais y'en a toujours qui viennent me gâcher les ptits plaisirs de la vie :

- Madame faut pas manger entre les repas !

- Qu'est-ce chroupf tu dis, cromf ?

- Et ben grignoter entre les repas ça fait grossir !

J'vous disais, le plaisir était gâché.

- Glump...Mais je grignote pas... C'est mon goûter !

- N'empêche... C'est comme ça qu'on chope des grosses fesses sur la plage !

Pour la peine, j'ai remangé une madeleine.

Puis ce fut au tour des élèves de me fêter.

Pendant la récré, Steph' et moi, on faisait une surveillance panoramique. Ca veut dire qu'on se met au milieu de la cour, on papote, et si y'en a un qui fait une connerie, même à l'autre bout de la cour, on crie vachement fort. Déploiement diamétral d'autorité. C'est mathématique.

- Ehhh les garçons vous rentrez pas dans les chiottes des filles siouplé !

Et là, surprise. les garçons ont reculé. D'eux-mêmes. Sans que j'ai à opérer de déplacement transversal, à secouer des bras, à donner des tapes, à supplier, crier, parlementer.

- Putain Steph' t'as vu ça ?

- Dingue.

Et une élève qui nous collait les basques me sort :

- Ben normal, on sait qu'avec toi, on a intérêt à obéir parce que ça rigole pas sinon.

Touchée en plein coeur. Une véritable déclaration d'amour !

Je suis devenue rouge, j'ai bafouillé, j'étais tellement émue.

- Oh... C'est vrai ?

- Ouais.

- Mais... Vous m'aimez bien quand même hein ouais ?

- Ouais, t'inquiète !

C'est vraiment un beau cadeau je trouve.

En ce qui concerne la suite de l'affaire avec Claude, y'a du nouveau. De l'aveu, de la mauvaise foi, de l'insulte et des excuses sont au programme. Je me tâte encore, je fais un article ou pas, ça devient long cette affaire, et puis le plus drôle est passé ou presque... 

Alors j'vous propose un truc. Si vraiment ça vous passionne, vous vous inscrivez à la newsletter et je vous raconte tout ça ce week-end, direct dans vos boîtes mail (vous avez la possibilité de vous inscrire en anonyme, on sait jamais, au cas où l'idée me prendrait de vous harceler...). Bon si vous êtes 800000, je publie sur le blog, pas d'inquiétude.

Si vous arrivez après la guerre, pas de souci, laissez un commentaire et je vous renvoie le message.

Ca roule ?

Edit de 21h10 : bon visiblement les aveux de Claude déchaînent les passions. Allez je publie ce week-end, sur le blog !

Posté par Eluise à 19:14 - Fierté de pion - Commentaires [16] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 avril 2008

Debrief de pions

Suite à l'inscription au marqueur qui a ébranlé à jamais le beau préau du collège, nos vacances de vieux pions se voient quelque peu secouées.

Rappelez-vous : Olivier et Proviseur Foufoufou sont plus là l'année prochaine ! Cool !

msn_messengerAvec Olivier, fallait qu'on débriefe le truc par MSN, pendant nos vacances, oui oui. Tout d'abord parce qu'on n'a pas eu le temps de le faire en live et ensuite parce qu'on est des personnes à la pointe de la technologie, nous.

- Slt collègue !

- Slt Eluise!

- Ca roule ?

- Oué et toi ?

- Ouéééé. Tu passes de bonnes vacances ?

- Me fais chier. Et toi ?

- Pareil. Dis voir. T'as vu cki ont écrit sous le préau les gamins ?

- Oué.

- C pas sympa pour ta gueule hein.

- J'te rappelle qu'ils avaient écrit "Eluise = merde" dans la perm'.

- Ca va hein, ils sont joueurs les affreux. Fé pas ton malin. Bref. C koi c't'hisoire, tu t'en vas l'an prochain ?

- Kes ça peut te fout', tu t'en vas aussi.

- C pas faux. Tu t'en vas alors ? Putain.

- Bah ch'ais pas, j'vais pas être pion à vie quoi. On verra.

- Ah ben oué. T'as raison. Et Proviseur Foufou il s'en va ?

- Naaaaan.

- Dis pas n'imp', c'est écrit sur le mur.

- T'es conne.

- Toi aussi. Alors il s'en va ou pas ?

- J't'ai dit nan, il a pas eu sa mut'.

- Bien fait pour sa gueule de connard.

- T'es méchante...... Mais c'est vrai.

- Je sais. Pauv' gosses quand même.

- Pourquoi ?

- Bah ils vont encore se le coltiner l'an prochain.

- Oué. Il est deg' j'crois.

- Rien à fout'. Alors en fait c'est tout du mytho c'qui y écrit sur le mur ?

- Ben oué.

- Putain.

- Oué.

- T'as vu j'ai plus rien à raconter sur le blog.

- Oué, tu t'ennuies des gamins ou koi ?

- 'Tain j'crois. C'est grave hein.

- Et de Claude aussi ?

- T'es con.

- Toi aussi.

- Au fait bien joué pour la rumeur avec Emilie.

- C pas moi.

- Merde. C'est ki alors ?

- Ben ch'ais pas.

- Putain. Faudra que je résolve ça à la rentrée.

- Y'a Steph' qui revient à la rentrée.

- Sa jambe est plus pétée ?

- Ben nan, puisqu'elle revient.

- Ah ben oué. C cool. On va bien rigoler avec elle.

- Oué. Vivement la rentrée alors ?

- Exagère pas non plus.

Posté par Eluise à 22:24 - Fierté de pion - Commentaires [14] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 avril 2008

Youhou

L'avantage d'être pionne avant de passer du côté obscur de la force, c'est-à-dire avant de devenir prof, c'est que je peux expérimenter tout un tas de trucs sans trop me mouiller.

Ainsi, j'ai vite compris que les délires vestimentaires ou capillaires, fallait oublier. Ou alors faut être sourd. Ou aveugle. Parce que l'élève est cruel, ingrat et moqueur. La tache de sauce tomate ne lui échappe pas, de même que la frange bancale pour cause de taillage manuel, le bavage de rouge à lèvres, le pull jaune canari, le bonnet, les collants troués. J'ai donc rapidement laissé tomber ces attributs typiquement éluisiens pour en adopter d'autres, bien moins drôles, mais bien plus prudents, tels que le jean, le pull noir, le pantalon noir et voilà. Parfois je hasarde une jupette mais c'est à mes risques et périls. Je porte une nouvelle veste et j'attire tous les regards. Je tente une paire de baskets et ils matent tous mes pieds. Bref, faut pas se louper niveau look sinon on est grillé.

Mais être pionne me permet également de tester divers comportements. Les ratés resteront dans mes archives de pionne. Pas dans celles de prof. Et c'est tant mieux. C'est ce que je me suis dit ce matin. Je me cassais la voix à donner des instructions à des gamins en perm', personne ne m'écoutait évidemment, et, je sais pas ce qui m'est passé par la tête, j'ai fait ça :
- Youhouuuuuuuuuuu !
Et bien sûr 36 gamins en choeur m'ont répondu :
- Youhouuuuuuuuuuu !

Grand moment de solitude.

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20 mars 2008

J't'ai cassé

brice_02J'suis trop fière, j'ai casséééééééé mortellement un gamin, l'incorrect qui m'avait traitée de vous-savez-quoi.

Au fond de la cour du collège, sont installés de splendides et rutilants porte-vélos. Des bidules en métal, bien lourds. Sur lesquels évidemment le collégien aime poser son postérieur. Ce qui est rigoureusement in-ter-dit par Principal Foufoufou. Faut dire aussi que l'an dernier, les affreux ont fait les cons avec les porte-vélos et bam le bidule sur le pied, le pied cassé, le gamin bien emmerdé, le Principal encore plus emmerdé. Donc c'est in-ter-dit de s'en approcher, et nous les pions, on doit avoir ce machin en métal à l'oeil constamment, hisoire de vérifier que personne ne s'en approche. A quoi ça sert d'avoir des porte-vélos, me direz-vous, et bien ça sert à faire classe, et à mettre son vélo et puis c'est tout.

Mais le collégien est facétieux. Et surtout, c'est un ado. Donc plus on lui dit de bouger du porte-vélo, plus son envie d'aller s'y poser est forte. Ben oui, c'est con un ado, qu'est-ce que j'y peux.

Et l'autre jour, sur les porte-vélos, y'avait Benjamin, celui-qui-m'a-traitée-de-vous-savez-quoi, et tous ses copains. Meeeerde. J'avais moyennement envie d'aller me frotter à ce groupuscule de rebelles, et surtout à Benjamin qui me déteste passablement depuis cette fameuse histoire de c'que-vous-savez. Mais je suis une pionne de folie, je ne peux manquer à mon devoir.

D'un pas alerte, je m'approche des rebelles. Ils se retournent, me regardent marcher vers eux. Je caresse le secret espoir qu'en me voyant, ils s'en aillent d'eux-mêmes. Que nenni. L'ado cherche le conflit. Je suis face à eux. Un instant de silence. J'ai tendance à considérer le silence comme un message. Mais pour eux, le silence c'est le silence. Tant que la pionne elle a rien dit hein, nous on bouge pas.

- Dites les garçons, vous voulez bien descendre des bidules s'il vous plaît ?

- Quels bidules ?

L'ado est fourbe. 

- Des... Des...

Putain, mon cerveau s'est fait la malle ou quoi ? V'là que je sais plus comment ça s'appelle ces bidules !

- Des machins en métal sur lesquels vous êtes assis.

Benjamin sent que son heure de gloire est proche, il va pouvoir casser la pionne, oui c'est le moment, allons-y. Il prend son air pédant et il se lance dans un long monologue :

- Alors tu vois Eluise, ces bidules, ça s'appelle des porte-vélos. C'est effectivement fabriqué en métal. On peut appeler çaratelier_a_velos un range-vélo aussi si on veut. Parce qu'en fait, c'est fait pour stationner son vélo. Tu vois, hop tu le mets là, tu mets le cadenas, c'est rangé. Sinon moi j'appelle ça aussi...

Ohé l'affreux il se croit où là ?

- Tu sais Benjamin, la culture c'est comme la confiture. Moins on en a, plus on l'étale.

Silence.

Merde j'ai fait un bide, j'ai surestimé leur...

- Ah ah ah ah !

Eclat de rire prépubère. Les rebelles sont conquis. Ils sont pas si cons en fait. Il leur faut un peu de temps c'est tout.

- Ah ah ah, Benjamin, elle t'a cassé la pionne ! Ah ah ah ! Cassééééééé !

Benjamin rougit, bafouille, il se sent vachement moins malin d'un coup.

- Hein quoi ? Hein ? Qu'est-ce qu'elle dit ? Hein ? Eh faut parler français !

Mais ses compères continuent de s'exclaffer en criant "Cassé, cassé".

Je pense que maintenant, Benjamin, il me déteste pour la vie.

Rectification : apparamment ces bidules se nomment "râteliers à vélo". Pas la peine de venir faire les malins.

Posté par Eluise à 09:40 - Fierté de pion - Commentaires [25] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 mars 2008

Eluise oscarisée !

J'ai eu un Oscar !
Comme Marion Cotillard !

Oh ! Thank you so much. My Blog, what you did to me, Maestro my Blog, you rocked my life. You truly rocked my life. Thank you so much to my Lecteurs for your passion, members of the Blogosphère, thank you so, so much. And... Wow ! Well, I'm speechless now. I...I... Well, I... Thank you life, thank you love, and it is true, there is some Leto in this blog. Thank you so, so much !

Leto


Merci Leto !

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11 février 2008

Encart publicitaire

J'inspire la blogosphère, c'est formidable.

Je suis "coup de coeur numéro 2" ! Youhouuuuuuuu !

http://mdamerosa.canalblog.com/ (article du 6 février)

Et là je suis carrément la muse de Noun, ah la la.

http://histoiredenoun.hautetfort.com/archive/2008/02/10/index.html

Posté par Eluise à 20:47 - Fierté de pion - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 février 2008

Je suis une pionne de folie

Y'a des jours comme ça où on se sent beau, fort, intelligent et génial. Et modeste aussi. Des jours où on s'dit "Putain j'suis vraiment une pionne de folie". Et tout ça grâce aux collégiens, du certifié moins de 16 ans. On croirait pas hein. Ben si.

L'autre jour, on était en effectif réduit. Comme on est que deux pions à travailler par jour, ça va vite de se retrouver réduit. Donc 2-1= j'étais toute seule. Heureusement, je suis une pionne de folie. Je surveillais la perm', et en même temps hop je gérais les absences, les coups de fil, les colles, les fiches de suivi, tout le bordel quoi. Un oeil sur l'ordi, un oeil sur les gamins. Et j'alterne, pour pas que ce soit toujours le même oeil qui trime. Pareil pour le cerveau : une moitié qui glande, une moitié qui bosse, et j'alterne aussi. Du coup parfois je beugue, j'ai un oeil qui se met à glander, un bout de cerveau qui lui oublie de se mettre en standby et paf ça surchauffe, mais je me reprends vite. Mais bon, avec des yeux et circuitun cerveau en effectif réduit, bah faut le reconnaître, mon efficacité est réduite. Et les gamins, ils sont pas cons, ils se disent hum, si je saisis le moment où les yeux font leur rotation avec le cerveau, j'ai une demi-seconde pour faire une connerie. C'est
Julien qui s'y colle, hop discretos il se lève et à pas de loup s'approche de son pote à l'autre bout de la salle. Immédiatement mon oeil droit bondit, zoome, envoie l'info au cerveau et attend la réponse. Mais le cerveau était déjà en mode administratif, donc l'info est renvoyée dans ses pénates avec la mention Delivery Status Notification (Failure). Du coup je me retrouve en mode beugage, les yeux dans le vide en train de zoomer sur le gosse. Qui se retourne et me voit. Mais ne voit pas le vide intersidéral présent entre mes deux oreilles. Et croit que je le regarde vraiment. Regard flippé du gamin.

- C'est bon c'est bon Eluise, j'vais m'asseoir.

Je débeugue d'un coup. Putain j'ai rien eu à dire. Donc je continue à me taire pour faire style c'est ma nouvelle attitude, sinon j'aurais l'air con.
Je reprends mon boulot, hop des enveloppes, hop des absences, hop des colles. J'aime bien remplir la case "motif de la retenue", j'me déchire toujours à faire de la haute littérature. Hum qu'est-ce que je vais bien pouvoir écrire. Froncement de sourcil, regard en l'air, torsion de bouche, morsure de lèvres, je cherche l'inspiration.


- Hééé tu vas me coller ? C'est bon, promis je vais m'asseoir et j'arrête !

Hein, quoi ? De quoi ça s'agit ? C'est encore Julien, debout, qui avait retenté une opération commando et mon regard concentré, ben il l'a pris pour lui. C'est pas de l'autorité naturelle ça ? De la classe ? De l'efficacité ?

Renouvellement de l'expérience le lendemain, pour voir si je peux définitivement prendre la grosse tête. Temps de midi, ça gèle sévère dehors, hop j'ouvre la salle de perm' pour recueillir les gamins glacés (et je laisse la collègue se meuler le cul dehors, ben ouais). Dans ma grande magnanimité, je les laisse faire ce qu'ils veulent, je vais pas les fliquer, et puis si je les emmerde ils vont tous vouloir partir et du coup je serais obligée de sortir et c'est juste pas possible. Je suis diablement maline je sais. "Ce qu'ils veulent" c'est tout sauf crier, hurler, courir, faire de la tecktonik, ou me casser les oreilles. Mais y'en a, ils sont un peu limités, et ils se disent, tiens je vais mettre la musique pourrie toute crachotante de mon portable à fond dans la perm'. Heureusement, ils ont des copains bien avisés :

- Stop, arrête ! Allume pas ! Sans déconner ! C'est Eluise qui surveille...

Cette information n'échappe pas à mon oreille de sentinelle, qui dégaine aussitôt ses antennes à ultrasons, hein quoi, on parle de moi, quoi, quoi ? Mais je me reprends et je me positionne dans l'attitude de la veille : impassible, cerveau vide, sauf que cette fois je feinte, eheh. Je me pète l'oeil en l'envoyant valser tout à droite, dans le petit coin, pour surveiller le gamin quand même. Il me regarde. Il allume sa musique. Quel son de merde quand même. Action, réaction, je tourne lentement la tête, je le regarde. Il éteint sa musique. Oh putain. Mais comment je fais ça ?

Quelle pionne de folie quand même.



Posté par Eluise à 09:48 - Fierté de pion - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

29 janvier 2008

Encart publicitaire

Y'a des gens qui saluent publiquement mon génie créatif - ce qui me fait odieusement gonfler le melon mais c'est comme ça que je m'aime - alors allez donc en prendre de la graine :

http://sirenemelusine.canalblog.com/archives/2008/01/24/7684421.html

Merci Mélusine !

melusine

Posté par Eluise à 11:50 - Fierté de pion - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 janvier 2008

Masochisme

vacancesMon collège fait partie d'une cité scolaire, il est rattaché à un lycée dans lequel j'effectue quelques heures par semaine. Autant dire : quelques rares moments de calme et de liberté dans la semaine, voilà qui me change sacrément du collège.

Le lycée compte pas moins d'une douzaine de surveillants et un immeeeense bureau avec deux ordinateurs, le luxe. Quasiment pas de permanence à surveiller puisque les élèves ont un foyer et une cafet'. La classe. Du coup, dans notre beau bureau de pions, on s'amuse comme des foufous. On joue aux cartes. On se maquille. On joue au ballon. On fait des dessins. On joue sur l'odinateur. On s'raconte des blagues. On boit des cafés. On mange. On fait une p'tite sieste. Le bonheur j'vous dis. Les élèves, on les voit quasiment pas, de temps en temps ils font une apparition au bureau, demandent le rouleau de PQ et hop ils s'en vont. Les cpe ont une absolue confiance en cette équipe de folie et on les voit pas souvent non plus. La liberté j'vous dis.

Parfois on a un p'tit coup de bourre, un devoir à surveiller, une convocation à apporter, mais étant donné qu'on est à six pour faire le boulot de deux, pas de quoi s'en faire. Et effectivement on s'en fait pas.

Et pourtant, à la rentrée, lors du renouvellement de mon contrat, on m'a demandé si je voulais continuer à travailler au collège ou si je préférais faire toutes mes heures au lycée, ben comme une crétine, j'ai choisi le collège. Parce que finalement les affreux bah j'les aime bien.

Posté par Eluise à 12:19 - Fierté de pion - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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