Une pionne assiste l'éducation en permanence

Une assistante d'éducation (ou une surveillante, une pionne quoi, c'est devenu un sacré foutoir) livre les clés du collège et les secrets des pions.

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30 mars 2008

Déménageons

_demenageur_sLe contrat d'assistant d'éducation précise que le pion doit surveiller, assister et tout et tout, et puis aussi qu'il pourra faire "d'autres choses" si on le lui demande. Et ça, vous vous doutez bien que c'est la porte ouverte à toutes les fenêtres. Proviseur Foufoufou le sait bien, il en profite, et du coup, on se retrouve à faire des trucs pas possibles parfois. Genre vendredi, où il s'est dit que déménageuses, ça nous irait bien :

- Dites les filles, il faudrait que ce soir vous enleviez toutes les tables de la perm', les mettiez contre les murs, pour créer un grand espace, et dans ce grand espace, vous installez les chaises, c'est pour les répétitions de la chorale demain. C'est dommage que les garçons soient déjà partis, sinon je leur aurais demandé à eux... Mais bon, vous y arriverez hein !

Je vous rappelle que la salle de perm' est gigantesque, une quarantaine de tables, des milliers de chaises. Et surtout :

- Mais Monsieur, si on vide la perm' de ses tables, on fait quoi des élèves ?

- Ah oui, j'avais omis ce détail... Vous avez des élèves en perm' ?

- Ah ben oui, ça arrive quand même.

- Eh bien vous les mettez dans un coin ! Ou bien vous leur dites de vous aider !

En voilà une idée qu'elle est bonne.

A 16h, le grand déménagement a donc débuté. Avec ma collègue, on installe les quatre élèves présentes dans un coin et on commence à ôter les chaises et à empiler les tables. Mais tout ce mouvement, ça les as mises en joie les gamines :

- Madame, madame ! On peut vous aider !

- Nan nan nan, surtout vous ne touchez à rien !

- Allez madame, regardez comme je soulève bien la table !

- Nan nan nan, lâche cette table !

- Bon alors je m'occupe des chaises ! Alleeeeeeeez madame !

- Ok ok, mais que les chaises hein !

Bon voilà, les assistantes d'éducation ont même droit à des assistantes, si c'est pas la classe ça. Sauf que les assistantes, elles ont effectivement déplacé les chaises, mais elles les ont placées en vrac contre les murs, pile là où Proviseur Foufoufou avait dit de mettre les tables.

- Mais les filles, si vous mettez les chaises contre le mur, je mets où les tables moi ?

Instant de silence.

- C'est pas grave madame, on va les bouger hein !

Et pour bouger ce millier de chaises, elles ont opté pour la solution la plus... originale : pousser une chaise, qui pousse une autre chaise, le tout faisant tomber toutes les chaises voisines, toutes ces chaises grinçant en frottant le sol.

- Stop ! Stop ! On soulève les chaises !

- Mais madame, y'en a trop !

- Si vous voulez plus nous aider tant pis, on se débrouillera toutes seules, c'est lourd et on en a pour longtemps mais bon...

- Mais nan madaaaaame, on va vous aider !

Le chantage affectif, y'a que ça de vrai.

C'était donc reparti. Les murs libérés, on a continué à empiler les tables. Non sans joie, nous plaçions nos mains sous le plateau de la table afin de soulever cette dernière, et nos mains rencontraient des chewing-gums fluos, secs et tout durs, un délice. Certains étaient même encore un peu mous. Non sans surprise, certains plateaux de table se détachaient du socle sans crier gare et nous explosaient sur les pieds ou sur les doigts. Du bonheur, j'vous dis.

Après avoir laborieusement empilé toutes ces foutues tables, on suait vachement avec ma collègue. Mais il restait les chaises à installer. C'est évidemment le moment qu'a choisi un 6e pour se faire exclure de cours et il était bien content de se retrouver dans cette perm' si rigolote.

- Ouaaah mais qu'est-ce que vous faites ici ?

Le problème, c'est qu'on avait plus de table pour lui. Et surtout qu'il voulait pas du tout s'asseoir et travailler.

- Mais madame, c'est pas juste, vous êtes que des filles pour tout déménager, moi j'suis un garçon, j'peux vous aider !

Malgré cet argument ô combien juste et excellent, je n'ai point cédé. Courageusement, je lui ai libéré une table. Il a bien boudé mais c'est la vie mon pauvre ami. J'ai un rôle de chef à tenir moi.

- Bon les filles, j'vous explique pour les chaises : on les met pas l'une derrière l'autre sinon celui qui est derrière ne voit rien, on les place en quinconce.

Merci maman pour tes sages conseils, les gamines ont fait "ah ouais, c'est maliiiin", elles étaient méga éblouies devant tant de stratégie. Hop hop on a placé toutes les chaises, c'était super beau. Et juste à ce moment, la cloche a sonné. Les filles se sont sauvées, l'exclu m'a jeté un regard noir et est sorti en traînant des pieds.

Evidemment, la prof de musique est venue immédiatement inspecter "sa" salle.

- Hum j'aurais préféré qu'on mette les chaises dans l'autre sens... Et puis les tables, il faudrait les mettre contre l'autre mur. Et là, il faudrait...

- Mais bon, on y a déjà passé une heure et puis là il est l'heure qu'on s'en aille alors euh...

- Allez aidez-moi, on va déplacer tout ça.

Croyez-le ou pas, elle nous a tout fait refaire, je sentais monter des accès de violence en moi.

- On pourrait aussi déplacer votre bureau et votre ordinateur, là, aidez-moi...

- Nan nan nan, Madame, notre bureau on n'y touche pas !

- Bon au pire je le bougerais demain...

- NAN !

Vingt minutes plus tard, elle était presque contente d'elle, mis à part ce fichu bureau, j'vous jure que si elle y a touché...

- Bon ben Madame on va y aller nous hein...

- Ah, ok. Euh vous voulez qu'on remette les tables en place après les répétitions ?

Elle a dit ça en espérant que je lui réponde que non c'est bon, on fera tout ça lundi matin à 8h, avec pleins d'élèves, on n'a que ça à faire. C'est pas qu'on veut, c'est qu'elle a plutôt intérêt.

- Ah ben oui, je veux bien !

- Hum, bon on verra ce qu'on peut faire parce que bon...

Elle était bien con là.

J'vous jure que si elle a laissé le foutoir...

Et moi j'ai de sacrées courbatures maintenant.

Posté par Eluise à 14:04 - En permanence - Commentaires [22] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


28 mars 2008

Profs au bord de la crise de nerfs

516HRQHNBJL__AA240_Régulièrement sur les blogs de profs, ya des profs qui craquent, qui s'énervent, qui en ont marre, non mais oh. Eh ben moi cette semaine j'ai vu une prof craquer pour de vrai.
Ben j'dois dire que ça m'a fait tout bizarre, je faisais vachement moins la maline.

Au lycée, des élèves qui craquent, c'est monnaie courante. Entre la fille plaquée par son mec, celle qui s'est battue avec sa meilleure amie, l'élève qui s'est fait exclure de cours par son prof, celui qu'on a collé, celui qui a vomi, le bureau des surveillants, c'est pleurs et lamentations en tout genre. Un sourire compatissant, un "tu veux en parler", une main sur l'épaule et hop c'est réglé. C'est ça aussi, être une pionne de folie.

Mais j'étais pas au courant qu'on devait aussi s'occuper des profs. Eh ben si.
C'est ainsi que s'est pointée une prof, une de celles que j'aime pas, qui nous fait bien comprendre qu'elle et nous, on n'a rien en commun, d'ailleurs on pue un peu, si on pouvait reculer un peu ce serait pas mal, là, merci c'est bien. Donc elle se pointe au bureau :

- S'il vous plaît, on a un problème dans le couloir !

- Quel genre de problème ?
Sans la regarder, en mâchonnant mon crayon devant mon ordi, pour lui montrer toute ma sympathie à son égard. La pionne de folie, c'est moi.

- On a une prof qui a craqué, elle va vraiment pas bien...

- Et donc ?

- Et ben...
Ah, tu fais moins la maline. Ca t'apprendra à nous traiter comme des larbins non mais (je suis un peu remontée, oui).

- Faut voir ça avec le Proviseur hein, nous on est juste surveillants.

- Elle pleure dans le couloir, elle est effondrée !

- Quoi ?
Quoi ? Ca pleure un prof ?  Eh ben, on en apprend tous les jours. J'étais vachement impressionnée. J'appelle les collègues à la rescousse. Gérer les hormones des ados ça va mais les nerfs d'un prof, non non non, ça fait peur.

- Bon alors, la prof est toujours dans le couloir, elle pleure devant tout le monde, faites quelque chose !

Ma collègue Caro prend le relais, et elle, elle est encore plus remontée que moi contre les profs :

- Ben qu'est-ce que vous voulez qu'on y fasse ! Voyez ça avec le Proviseur ou les CPE, emmenez-la en salle des profs, j'en sais rien moi.

- Mais il faudrait qu'elle puisse se remettre, dans un coin, seule, tranquille...

- Allez donc en salle des profs !

Caro, elle est pas commode. Et puis moi je commence à avoir de la peine. Même si une fois ça m'est arrivé aussi de pleurnicher mais on m'a bien claqué la porte au nez en salle des profs, mais non, c'est pas du tout pour ça que je suis remontée, qu'est-ce que vous imaginez. Donc mon grand coeur prend le dessus et là, je sais pas ce qui me prend, je dis :

- Si vous voulez elle peut venir dans le bureau, on a un coin qui ferme avec une porte...

Mes collègues me tuent du regard, j'entends des cris silencieux, non pitié, non, mais ça va pas la tête ou quoi. J'aurais dû me taire sur ce coup. Parce que évidemment la prof court chercher sa collègue qui craque et nous la ramène. Effectivement, elle pleure, elle gémit, c'est pas la grande forme. Hop la prof Superwoman l'installe dans le petit bureau et elle nous fait mille recommandations :

- Bon je ferme la porte, vous la laissez tranquille hein. Mais allez quand même la voir. Moi je vais manger. Je repasserais peut-être plus tard.

Donc on se retrouve comme des cons avec la prof en crise. Et on était bien emmerdés parce que l'ordinateur, il était pile dans cette petite pièce-là, alors pour bosser, ou du moins faire semblant, c'était pas terrible. Et surtout, on n'osait plus rigoler tout fort comme on fait d'habitude. On chuchotait, comme si on veillait un malade.

- Alle Eluise va la voir toi !

- Eh merde, pourquoi moi ?

- Bah c'est toi qui a proposé, t'assumes hein ! Et puis tu vas être prof alors bon !

- Hé mais c'est pas un argument ça ! Et puis moi aussi j'ai faim.

J'ai attrappé mon manteau et j'me suis sauvée. Ben ouais. C'est ça aussi être une pionne de folie.

Posté par Eluise à 18:53 - Les collègues et les profs - Commentaires [21] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 mars 2008

Trop jeune pour toi

xfilesY'a des jours comme ça où le monde entier complote pour vous faire chier.
Genre aujourd'hui.
Passons sur le quart d'heure que j'ai passé à gratter la neige sur la Twingo ce matin, passons également sur l'ordinateur du bureau des surveillants qui a beugué, passons sur Sam qui puait plus que de coutume, passons, ce n'était encore rien. Positivons. Les écrits de l'agreg' ont lieu dans deux semaines, je suis une warrior, rien ne m'atteint.
Tiens en parlant de concours, ça m'a fait penser que je devais passer au secrétariat demander un formulaire d'autorisation d'absence, pour y aller à ces écrits justement :

- Bonjour ! Je voudrais un formulaire de demande d'absence s'il vous plaît !

Remarquez le ton chantant malgré mon humeur massacrante, ainsi que l'extrême politesse à l'encontre de la secrétaire du lycée.

- Quoi ? Qu'est-ce que tu veux ?

Notez la réciprocité. La secrétaire m'a littéralement explosée du regard, j'ai encore mal d'ailleurs.

- Je vais m'absenter, j'aurais besoin de...

- Faut voir ça avec les surveillants !

-Mais madame, la surveillante, c'est moi !

La secrétaire a littéralement explosé de honte, j'suis sûre qu'elle a encore mal.

- Ah... Excusez-moi, mais vous faites jeune hein, je vous avais prise pour une élève.

Vas-y rajoute-en une couche.

Fort vexée, je retourne au bureau. Là, je débute un record d'apnée. Travailler avec Sam, c'est vraiment pas facile. Je décide donc d'aller surveiller la perm' du lycée, et ce pour deux motifs (en plus du motif principal : sauver mon odorat) :
    - les élèves n'y vont jamais. Pourquoi subir une pionne bougonne quand on a un beau foyer à disposition ?
    - aucun pion ne veut se dévouer pour surveiller cette fichue perm' parce qu'on s'y ennuie drôlement. Mais moi, je passe l'agreg dans deux semaines, rappelons-le, alors un peu de travail, ça peut certes me faire du mal, mais c'est toujours utile.

Je débarque donc dans la perm', je m'installe au beau bureau, je déballe mes affaires, mon agenda couvert d'autocollants Spiderman, ma règle Hello Kitty, mes livres, mon critérium rose, mes surligneurs, ma barrette pour ma frange, mon baume à lèvres, allez au boulot.

C'est facile de surveiller la perm' du lycée. C'est pas comme au collège où c'est carrément la jungle. Au lycée, il suffit de lever la tête de temps en temps en disant :

- Chuuuut, y'en a qui veulent travailler !

(Moi en l'occurence).

Les élèves en retard, les dispensés, les exclus de cours, se présentent, signent le registre et voilà. Mais faut quand même faire gaffe parce que parfois ils oublient de signer et après ça fait un sacré bazar parce que si tu signes pas, je peux pas deviner que t'es là, parce que moi je sais pas que toi t'es toi, je te connais pas, alors je te colle, voilà.

- Eh steuplé ?

Qui ose troubler mon labeur ?

- Ouiiiiii ?

- T'sais pas elle est où la pionne ?

- Laquelle ?

- Ben celle qui surveille la perm'.

- Ben c'est moi.

- Ah ah, nan sans délirer.

- Sans délirer c'est moi.

- Oh mince ! Oh excusez-moi madame mais j'vous avais prise pour une élève !

Mais merde alors !

Posté par Eluise à 18:49 - En permanence - Commentaires [27] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 mars 2008

Un peu de culture

J'ai un truc à vous raconter mais j'ose pas. Ca fait plusieurs jours que j'me tâte, j'raconte, j'raconte pas. Mais ça y est, j'me lance mais le sujet que je vais aborder risque de faire polémique. Alors que bon, vous me connaissez, c'est pas mon genre de traiter les sujets polémiques, j'aime exclusivement le premier degré.

Nous allons donc parler religion. Et même pire, religion et école. Ca y est, y'en a qui s'étouffent. Je vous préviens tout de suite, je suis pas branchée religion ou quoi que ce soit, c'est clair ?

Bon on peut y aller maintenant.

L'autre jour, j'aidais des 6e à faire leurs devoirs, héroïne de la nation que je suis. Leur prof d'hisoire leur avait filé un devoir à faire à la maison et ils galéraient les 6e, ils comprennaient rien. Le devoir traitait de l'influence de la religion/tradition chrétienne sur la culture occidentale. Rien de méchant hein. Premier exercice : un tableau à remplir à l'aide d'un calendrier. Les colonnes : Mois / Nom de la fête : à remplir / Explication de la fête : donnée par la prof / Date : à remplir.  Ca va, vous suivez ? Parce que les 6e, ils comprennaient rien du tout.

- Bon alors on va commencer par un truc d'actualité. Prenez mars, "La résurrection du Christ". Ca vous évoque quoi, c'est quoi la fête associée à ça, en mars, bientôt ?

Silence massif des 6e.

- Euuuuuh. On sait pas madame.

- Y'en a qui ont fait leur première communion y'a pas si longtemps que ça nan ?

- Ben oui hein madame !

- Ben alors, vous devriez savoir ! Allez j'vous aide. C'est tout bientôt.

- On sait pas madame.

- Pfff. Allez un indice... Les chocolats...chocolat02

- PÂQUES ! Pâques madame !

- Ouiiiii ! Donc vous remplissez les cases.

- Quelles cases madames ?

- Mais vous le faites exprès ou quoi ? Les cases "Nom de la fête" et "Date".

Je vous fais grâce des "Mais oùùùùùù madame", des "Madame j'trouve pas", des "Madame je comprends rien".

Allez, un peu d'indulgence, j'me suis dit que Pâques, la résurrection et tout ça, c'était un peu compliqué quand même.

- Bon on va faire plus facile. Prenez décembre. La prof a noté "La naissance de Jésus". Ca correspond à quelle fête ?

- On sait pas madame.

- Quoi ? C'est une blague ? Il se passe quoi en décembre ?

- On sait pas madame.

- Oh mais vous la faites exprès franchement ! Allez un indice : les cadeaux...

- NOËL ! Noël madame !

- Ouais mais bon j'vous ai aidés hein. Allez on remplit.

J'vous parle même pas de l'Ascension, la Toussaint et tout ça, j'vous laisse imaginer. On a tout bien rempli le tableau et on est passés au second exercice. Il fallait, en gros, trouver des expressions qui se référaient à des personnages bibliques.

- Bon alors. La boule que les garçons ont dans la gorge ça s'appelle comment ?

- On sait pas madame.

- Nan nan là vous abusez. Allez.

- La pomme d'Adam madame !

- Merci. Question subsidiaire : vous connaissez Adam quand même ?adam_and_eve

- Naaaaan !

- Quoi ? Adam et Eve, la pomme, le serpent tout ça, personne ne connaît ?

- Naaaaan !

- QUOI ? Rien du tout ? C'est pas possible.

- Si madame, moi je connais, une fois j'ai vu ça dans les Simpsons !

Bon. On part de loin quand même. C'est moi ou si peu de culture ça fait peur ?

En rentrant, j'ai fait faire l'exercice à mon Mini-Frangin, il a tout torché en deux minutes. Trop fort.  

Posté par Eluise à 20:52 - En permanence - Commentaires [31] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 mars 2008

J't'ai cassé

brice_02J'suis trop fière, j'ai casséééééééé mortellement un gamin, l'incorrect qui m'avait traitée de vous-savez-quoi.

Au fond de la cour du collège, sont installés de splendides et rutilants porte-vélos. Des bidules en métal, bien lourds. Sur lesquels évidemment le collégien aime poser son postérieur. Ce qui est rigoureusement in-ter-dit par Principal Foufoufou. Faut dire aussi que l'an dernier, les affreux ont fait les cons avec les porte-vélos et bam le bidule sur le pied, le pied cassé, le gamin bien emmerdé, le Principal encore plus emmerdé. Donc c'est in-ter-dit de s'en approcher, et nous les pions, on doit avoir ce machin en métal à l'oeil constamment, hisoire de vérifier que personne ne s'en approche. A quoi ça sert d'avoir des porte-vélos, me direz-vous, et bien ça sert à faire classe, et à mettre son vélo et puis c'est tout.

Mais le collégien est facétieux. Et surtout, c'est un ado. Donc plus on lui dit de bouger du porte-vélo, plus son envie d'aller s'y poser est forte. Ben oui, c'est con un ado, qu'est-ce que j'y peux.

Et l'autre jour, sur les porte-vélos, y'avait Benjamin, celui-qui-m'a-traitée-de-vous-savez-quoi, et tous ses copains. Meeeerde. J'avais moyennement envie d'aller me frotter à ce groupuscule de rebelles, et surtout à Benjamin qui me déteste passablement depuis cette fameuse histoire de c'que-vous-savez. Mais je suis une pionne de folie, je ne peux manquer à mon devoir.

D'un pas alerte, je m'approche des rebelles. Ils se retournent, me regardent marcher vers eux. Je caresse le secret espoir qu'en me voyant, ils s'en aillent d'eux-mêmes. Que nenni. L'ado cherche le conflit. Je suis face à eux. Un instant de silence. J'ai tendance à considérer le silence comme un message. Mais pour eux, le silence c'est le silence. Tant que la pionne elle a rien dit hein, nous on bouge pas.

- Dites les garçons, vous voulez bien descendre des bidules s'il vous plaît ?

- Quels bidules ?

L'ado est fourbe. 

- Des... Des...

Putain, mon cerveau s'est fait la malle ou quoi ? V'là que je sais plus comment ça s'appelle ces bidules !

- Des machins en métal sur lesquels vous êtes assis.

Benjamin sent que son heure de gloire est proche, il va pouvoir casser la pionne, oui c'est le moment, allons-y. Il prend son air pédant et il se lance dans un long monologue :

- Alors tu vois Eluise, ces bidules, ça s'appelle des porte-vélos. C'est effectivement fabriqué en métal. On peut appeler çaratelier_a_velos un range-vélo aussi si on veut. Parce qu'en fait, c'est fait pour stationner son vélo. Tu vois, hop tu le mets là, tu mets le cadenas, c'est rangé. Sinon moi j'appelle ça aussi...

Ohé l'affreux il se croit où là ?

- Tu sais Benjamin, la culture c'est comme la confiture. Moins on en a, plus on l'étale.

Silence.

Merde j'ai fait un bide, j'ai surestimé leur...

- Ah ah ah ah !

Eclat de rire prépubère. Les rebelles sont conquis. Ils sont pas si cons en fait. Il leur faut un peu de temps c'est tout.

- Ah ah ah, Benjamin, elle t'a cassé la pionne ! Ah ah ah ! Cassééééééé !

Benjamin rougit, bafouille, il se sent vachement moins malin d'un coup.

- Hein quoi ? Hein ? Qu'est-ce qu'elle dit ? Hein ? Eh faut parler français !

Mais ses compères continuent de s'exclaffer en criant "Cassé, cassé".

Je pense que maintenant, Benjamin, il me déteste pour la vie.

Rectification : apparamment ces bidules se nomment "râteliers à vélo". Pas la peine de venir faire les malins.

Posté par Eluise à 09:40 - Fierté de pion - Commentaires [25] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 mars 2008

Un 6e, c'est dangereux

starJulien a encore fait des siennes. Mais si, Julien, j'vous en ai déjà parlé, un 6e terriblement pénible. Je me dis qu'on devait sacrément s'ennuyer avant qu'il ne débarque. Remarquez on avait déjà son frère, Paul qui nous emmerdait occupait, mais Julien, c'est de la haute-voltige. Déjà c'est un 6e, donc il est encore plutôt marrant, alors que bon Paul maintenant il est en 4e, il est devenu un peu moins rigolo. Julien, c'est le roi du pétrole, enfin de la cour de récré plutôt, il fait rigoler tout le monde, il a toujours sa cour de filles (et de garçons...) qui rit à la moindre de ses blagues. Un tel succès, ça me dépasse parfois. Plus c'est nul, et plus ça rigole. Je devrais expérimenter mon humour sur les 6e, ça marcherait peut-être.

Depuis la rentrée, il a même des baskets avec des roulettes intégrées. J'ai pas compris comment ça marche, heelys_atomicparce que parfois il marche, parfois il roule et surtout on les voit pas les roulettes. Ca nous a fait un drôle d'effet, aux collègues et à moi, de le voir glisser dans la cour, on s'y attendait pas au coup des roulettes. D'abord on a cru qu'il était super doué, genre comme Mickaël Jackson qui faisait un peu pareil, mais là sur le béton ça nous a semblé un peu irréaliste. Et puis on a compris. Il fait son malin Julien avec ses roulettes. Ca le rend encore plus populaire, wah Julien le baskets qu'il a, wah, j'le kiffe. Sauf que les roulettes, ben c'est dangereux.

A la cantine, j'ai toujours les 6e à l'oeil. Ce sont les rois de la connerie. Dès que le pion a le dos tourné, hop ils en profitent, lancer de boulettes de pain, yaourt dans la cruche, vol de dessert, croche-pied, cris, cramage du micro-ondes. Mais moi, je vous le rappelle, je suis une pionne de folie, alors les 6e, je les lâche pas d'une semelle. Mais l'autre jour, j'me suis fait feinter. Et oui, je ne suis pas parfaite, même si parfois on dirait, je sais.

En effet, le 6e maîtrise mal le porter le plateau. Car souvent le plateau est plus grand que le 6e, qui se retrouve par conséquent pris en sandwich entre son plateau énorme et son cartable encore plus énorme. Et donc l'autre jour, paf tout le plateau qui se casse la gueule, le 6e qui chiale, des petits pois partout, faites gaffe au verre, marche pas dans la sauce putain. J'évacue la zone sinistrée parce que tous les 6e étaient venus voir c'qui se passait, on sait jamais, des fois qu'il y ait des blessés, et en un quart de seconde, je cours chercher de quoi ramasser. Sauf que le temps que je parte, les 6e avaient quand même marché dans la sauce et y'en avait partout dans le réfectoire. J'ai poussé ma gueulante parce qu'en plus ils avaient écrasé des petits pois partout, alors avec la sauce, ça faisait une pâte dégueu. Un gamin avait ramassé un bout de verre et évidemment il s'était coupé et saignait, donc il chialait à moitié, ce qui faisait deux chialeurs avec l'autre qui se remettait pas d'avoir fait tombé son plateau. Face à une telle situation, seule une pionne de folie pouvait s'en sortir.

- Bon, toi le blessé, tu vas à l'infirmerie même si t'as rien du tout et surtout t'arrêtes de pleurer parce que tu m'énerves. Toi, tu retournes au self et tu reprends un plateau et t'arrêtes aussi de pleurer, c'est pas la mort hein. Les autres, vous faites gaffe, ici ça glisse sa mère.

Je balaie rapidement, je ramasse les morceaux, j'essaie de récupérer tous les bouts de verre. Et puis je reprends mon travail de surveillance. Tout va bien. C'était sans compter Julien, mon champion. Julien avait grand soif. Armé de sa cruche, il se dirige vers la fontaine à eau. La soif devenant plus forte, Julien dégaine les roulettes et accélère le mouvement.

- Noooooon, Julien ça gliiiiiiiisse !

Trop tard. Julien fait le vol plané de sa vie, et paf il atterrit dans un reste de sauce. Putain, j'ai même pas envie de rigoler tellement j'ai la trouille qu'il soit mort, ou pire, qu'il soit blessé. Evidemment, tous les gamins se mettent à rire comme des baleines, j'me dis que ça y est, Julien a trouvé ses limites, son heure de gloire est finie, c'est la honte de sa vie. Mais Julien se relève, et c'est lui qui rit le plus fort. Il lève les bras en signe de victoire, mort de rire.

- Eh vous zavez vu ça ! Ah ah ah !

Tous les élèves applaudissent, l'acclament. Julien est décidément une star. Putain.

Posté par Eluise à 14:14 - Elèves - Commentaires [24] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

15 mars 2008

La chef

Ca y est, j'ai enfin vu le second collègue masculin si attendu et porteur malgré lui de tant d'espoirs. Bon ben c'est encore par ça hein. Et pourtant la direction est toute fière d'avoir recruté, je cite "deux grands garçons forts et en STAPS" (Staps c'est fac de sport pour ceux qui suivent pas). Le deuxième type a l'air sympa, tout comme le premier d'ailleurs, mais pour le plaisir des yeux, je repasserai. Tant pis.

Voilà, mes espoirs sont morts.

calendrierMais maintenant, je suis la pionne qui possède le plus d'ancienneté au collège. Avec très exactement un an et deux mois au compteur. J'vous dis pas comme j'me la pète désormais. Je suis la chef, oui oui. Olivier va dire que c'est de la triche, que lui il a juste un mois de moins que moi mais que comme il fait plus d'heures, et ben en fait le chef c'est lui mais nan nan nan, cherche pas, j'étais là avant.

Et moi, j'adore être la chef. Et faire la chef. Oui je suis détestable. Mais je suis la chef.

Alors j'me gêne plus pour laisser des petits mots aux collègues débutants :

"Voilà plusieurs fois que je constate que les billets d'absence sont classés sans être traités. Un peu d'attention est nécessaire. Merci".

"Faut-il vous répéter de cocher la case Etablissement informé lorsqu'un parent nous appelle pour signaler une absence ? Merci".

Ou alors je leur refile tous les trucs chiants :

- Ca te dérangerait d'aller fermer les toilettes ? Merci.

- Faudrait faire les photocopies là. Et là aussi. En 48 exemplaires. Merci.

- Regarde ça les tables sont pas bien alignées... Merci.

Vous noterez que je reste extrêmement polie. Les collègues aussi d'ailleurs. Mais vendredi j'ai subi une attaque de rebelles. Démonstration.

Ma passion, c'est la traque des justificatifs d'absences. J'imprime la liste des absences non-justifiées et je poursuis les élèves partout, à la cantine, dans les couloirs, dans la cour, dans les toilettes, pour récupérer les billets d'excuse. Si Olivier mène cette pieuse croisade à mes côtés, les nouveaux, eux, ça les dépasse. Alors ils se moquent.

- Rah Eluise commence sa traque !

- T'as fini oui de les harceler ces pauvres gosses ?

Je reste stoïque. Je suis la chef, je suis la chef.

Et vendredi donc, je traquais, tout en discutant avec le CPE, un homme for-mi-da-ble. Le nouveau pion se ramène.

- Ah, zavez vu m'sieur CPE, Eluise elle lâche pas les gamins hein ! Elle les harcèle avec ses absences.

Il se croit malin. Mais le CPE est for-mi-da-ble, rappelons-le :

- Ben vous feriez mieux de vous y mettre et de suivre son exemple !

Paf. Alors, c'est qui la chef ?

Merci.

Posté par Eluise à 20:24 - Les collègues et les profs - Commentaires [18] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 mars 2008

Eluise oscarisée !

J'ai eu un Oscar !
Comme Marion Cotillard !

Oh ! Thank you so much. My Blog, what you did to me, Maestro my Blog, you rocked my life. You truly rocked my life. Thank you so much to my Lecteurs for your passion, members of the Blogosphère, thank you so, so much. And... Wow ! Well, I'm speechless now. I...I... Well, I... Thank you life, thank you love, and it is true, there is some Leto in this blog. Thank you so, so much !

Leto


Merci Leto !

Posté par Eluise à 00:01 - Fierté de pion - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 mars 2008

La baballe

BipBip_VilCoyote_J'ai décidé de renouer avec cette tradition qui fit la gloire de ce blog à ses débuts, j'ai nommé la moquerie. Aujourd'hui, moquons-nous des collègues. Y'a pas de raison qu'on ne se moque que des élèves, non mais. Et puis si tu me fais rire, tu finis dans le blog, c'est ton problème.

L'autre jour, mon collègue du lycée Sam avait trouvé une balle de tennis dans le bureau des surveillants. Vous me direz, mais qu'est-ce que vous foutez avec des balles de tennis ? Eh bien sachez que les objets perdus/trouvés/pas retrouvés, c'est nous qui nous les coltinons. Parapluies, chaussures (mais comment peut-on perdre sa chaussure ?), écharpes, trousses, lunettes, porte-clés, carnet de santé, bracelets, c'est la caverne aux trésors. Et donc Sam y a trouvé une belle balle. Et comme tout mec qui se respecte, il s'est mis à jouer à la baballe dans le bureau. Et une balle de tennis, ça rebondit sévère. Je flippais grave, un accident ça arrive vite, une balle dans l'oeil, dans la tête et adieu l'agreg (et mon brushing). En l'occurrence, ça a plutôt été une baballe dans l'ordinateur, pif l'écran, une baballe dans le pot à crayons, splash les crayons, une baballe dans les papiers, flop les papiers.

- Il a fini son bordel avec sa baballe çui-là ?

Ma collègue Charlène, elle a eu marre vite fait. Moi j'attendais l'accident. Et puis j'ai un blog à tenir alors bon, il me faut de l'action.

Fini le test baballesque, Sam s'est lancé dans une analyse philo-scientifico-sociologique de la baballe.

balle- Zavez vu, y'a écrit Roland Garros sur la balle.

Il était vachement content.

- Mouais.

On en avait vachement rien à foutre.

- Vous vous rendez compte, c'est une vraie !

Je sens la connerie arriver, alors je l'encourage :

- Une vraie quoi ?

- Ben y'a écrit Roland Garros !

- J'm'y connais pas en sport Sam mais je crois que c'est une marque, genre comme Quechua chez Décathlon mais en mieux.

- Non non non, moi je crois que c'est une vraie ! Ils ont joué avec cette balle à Roland Garros ! Putain elle est historique cette balle !

- Euh non Sam j'crois pas.

- Mais si ! Mais regarde Eluise, ça ressemble !

- Ca ressemble à quoi ?

- Ben à une balle de Roland Garros !

- Y'a rien qui ressemble plus à une balle de tennis qu'une autre balle de tennis...

Il en a eu rien à foutre de ma super vanne et il est parti tout content avec sa précieuse baballe. Puis il s'est mis à marmonner tout seul, j'me demande s'il lui parlait pas à sa baballe.

Mais ça commençait à devenir énervant de l'entendre parler tout seul, ça nous faisait un genre de bruit de fond pas terrible, je préfère encore les machins qui te font les oiseaux ou la mer. C'est dire si c'était énervant. C'est Charlène qui a craqué la première. Moi, j'me sacrifie pour le blog, rappelons-le.

- Oh mais Sam, qu'est-ce que tu chantes putain ?

Là, elle employait le terme "chanter" dans le sens de "dire", "raconter", vous l'aurez compris. Mais pas Sam.

- Mais je chante pas !

Allez laisse tomber Sam, va jouer à la baballe.



Si vous me trouvez un tantinet méchante, lisez donc mon Mea culpa, vous vous sentirez mieux.

Posté par Eluise à 09:40 - Les collègues et les profs - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 mars 2008

La réunion des mots

reunionLe mardi c'est lycée, et le mardi c'est tranquille. 13h30, fin de journée, je suis chez moi presque pile à l'heure pour siester devant le téléfilm de M6, tel est mon programme. Alors je vous laisse imaginer ma stupeur en arrivant ce matin et en lisant sur le panneau d'information des surveillants "Réunion aujourd'hui de 13h30 à 15h". Rah l'arnaque, une réunion. Mon beau programme est fichu. Avec les collègues on se met à soupirer, pff, pff, on aime pas les réunions.

Faut dire que les réunions c'est chiant. On répète toujours les mêmes trucs, on se fait engueuler par les CPE, on dit que "oui oui on sait, on fera gaffe", tout le monde se met à parler et à douze, ça fait du bruit, on brasse de l'air, ça dure, ça dure.

Du coup, avec mon collègue Dani, on soupirait vraiment fort ce matin.

- 'Tain on va se faire chier.

- On est obligé d'y aller ?

Et là j'ai eu une idée de génie.

- Et si on faisait un jeu pendant la réunion ?

- Ouaaaaaaais ! Supeeeeeer ! Quoi comme jeu ?

- Chacun de nous écrit un mot sur un bout de papier, et hop on tire les mots au sort. Le but : placer son mot le plus souvent possible au cours de la réunion. Sans se faire gauler sinon c'est l'élimination immédiate. On sera douze pendant la réunion. Là on est que six, donc on sera nous six à jouer, on le dit pas aux autres.

- Hihihihihi super !

Allez hop découpage de papier. Je tire mon mot. "Bouchon". Dani tire "Biquette". Charlène tire "Sauterelle". Caro tire "Slip kangourou". Zora tire "Abscon". Sam tire "Chocolat". C'qu'on rigole dans le bureau. La grande marrade. Du coup on a vachement hâte qu'elle débute cette réunion.

Enfin, il est l'heure. Dani attaque fort :

- Allez les biquettes on s'installe !

Charlène tient les comptes. Hop un point pour lui. On ricane déjà. Je réplique aussitôt.

- Calme-toi mon bouchon !

Caro enchaîne :

- Ben dites donc tous les deux, c'est la fête du slip kangourou ou quoi ?

On est morts de rire. Les autres, ils rigolent pas, ils nous prennent pour des débiles. La réunion commence. Nous six, on n'écoute rien du tout, on pense qu'à placer nos mots. Un surveillant parle, parle, parle, Zora saisit l'occasion :

- Je trouve ton raisonnement quelque peu abscon.

- Abscon mon bouchon !

Paf deux points pour moi ! Mais Charlène n'a pas dit son dernier mot :

- Oh c'est fini les sauterelles !

- Les biquettes tu veux dire.

Trop fort ce Dani. Faut que j'me méfie. Certains de nous pleurent de rire. Charlène tient consciencieusement les comptes. La réunion se poursuit. Absences, dispenses, retards, putain on va parler de tout ou quoi ?

Dani triche.

- Biquette, Biquette !

Je m'insurge aussitôt :

- Ehhhh il triche ! Il a pas le droit !

Tout le monde me regarde, la réunion est sur pause. Sam se jette dans la course :

- J'ai envie de chocolat.

Mais quelle bande de tricheurs, il a pas le droit, c'est hors-contexte ! Les autres s'impatientent :

- Bon vous avez fini de dire des conneries parce qu'on doit encore parler des retenues, des exclusions...

-... Et puis il faudrait faire quelque chose pour le bruit dans les couloirs...

Je bondis de ma chaise, tel un diable de sa boîte, et je hurle :

- FAUT METTRE DES BOUCHONS ! SUPERBONUUUUS !!

Les initiés éclatent de rire, les autres se regardent, interloqués. Je suis méga fière, ça c'est bien placé, bien envoyé ! Si je gagne pas avec ça, j'vous jure !

Mais heureusement, il est 15h, la réunion est finie. Les autres sont sacrément plus fatigués que nous. Pourtant, qu'est-ce qu'on a bossé, la lutte était rude.

On fait les comptes. C'est ce tricheur de Dani qui remporte la victoire. Je suis mauvaise joueuse alors je râle.

- T'as triché !

- T'inquiètes biquette on rejouera !

Elle est passée vite cette réunion en fait. Vivement la prochaine.

PS : In bocca al lupo ragazze (in culo alla balena, pure).

Posté par Eluise à 20:08 - Les collègues et les profs - Commentaires [28] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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