13 mars 2008
La baballe
J'ai décidé de renouer avec cette tradition qui fit la gloire de ce blog à ses débuts, j'ai nommé la moquerie. Aujourd'hui, moquons-nous des collègues. Y'a pas de raison qu'on ne se moque que des élèves, non mais. Et puis si tu me fais rire, tu finis dans le blog, c'est ton problème.
L'autre jour, mon collègue du lycée Sam avait trouvé une balle de tennis dans le bureau des surveillants. Vous me direz, mais qu'est-ce que vous foutez avec des balles de tennis ? Eh bien sachez que les objets perdus/trouvés/pas retrouvés, c'est nous qui nous les coltinons. Parapluies, chaussures (mais comment peut-on perdre sa chaussure ?), écharpes, trousses, lunettes, porte-clés, carnet de santé, bracelets, c'est la caverne aux trésors. Et donc Sam y a trouvé une belle balle. Et comme tout mec qui se respecte, il s'est mis à jouer à la baballe dans le bureau. Et une balle de tennis, ça rebondit sévère. Je flippais grave, un accident ça arrive vite, une balle dans l'oeil, dans la tête et adieu l'agreg (et mon brushing). En l'occurrence, ça a plutôt été une baballe dans l'ordinateur, pif l'écran, une baballe dans le pot à crayons, splash les crayons, une baballe dans les papiers, flop les papiers.
- Il a fini son bordel avec sa baballe çui-là ?
Ma collègue Charlène, elle a eu marre vite fait. Moi j'attendais l'accident. Et puis j'ai un blog à tenir alors bon, il me faut de l'action.
Fini le test baballesque, Sam s'est lancé dans une analyse philo-scientifico-sociologique de la baballe.
- Zavez vu, y'a écrit Roland Garros sur la balle.
Il était vachement content.
- Mouais.
On en avait vachement rien à foutre.
- Vous vous rendez compte, c'est une vraie !
Je sens la connerie arriver, alors je l'encourage :
- Une vraie quoi ?
- Ben y'a écrit Roland Garros !
- J'm'y connais pas en sport Sam mais je crois que c'est une marque, genre comme Quechua chez Décathlon mais en mieux.
- Non non non, moi je crois que c'est une vraie ! Ils ont joué avec cette balle à Roland Garros ! Putain elle est historique cette balle !
- Euh non Sam j'crois pas.
- Mais si ! Mais regarde Eluise, ça ressemble !
- Ca ressemble à quoi ?
- Ben à une balle de Roland Garros !
- Y'a rien qui ressemble plus à une balle de tennis qu'une autre balle de tennis...
Il en a eu rien à foutre de ma super vanne et il est parti tout content avec sa précieuse baballe. Puis il s'est mis à marmonner tout seul, j'me demande s'il lui parlait pas à sa baballe.
Mais ça commençait à devenir énervant de l'entendre parler tout seul, ça nous faisait un genre de bruit de fond pas terrible, je préfère encore les machins qui te font les oiseaux ou la mer. C'est dire si c'était énervant. C'est Charlène qui a craqué la première. Moi, j'me sacrifie pour le blog, rappelons-le.
- Oh mais Sam, qu'est-ce que tu chantes putain ?
Là, elle employait le terme "chanter" dans le sens de "dire", "raconter", vous l'aurez compris. Mais pas Sam.
- Mais je chante pas !
Allez laisse tomber Sam, va jouer à la baballe.
Si vous me trouvez un tantinet méchante, lisez donc mon Mea culpa, vous vous sentirez mieux.
