Une pionne assiste l'éducation en permanence

Une assistante d'éducation (ou une surveillante, une pionne quoi, c'est devenu un sacré foutoir) livre les clés du collège et les secrets des pions.

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28 février 2008

Vieille Baltringue et compagnie

C'est encore les vacances, mais moi j'ai déjà repris les cours à la fac. Quelle bande de radins ces universitaires, on fait rien du tout avec une seule semaine de vacances, j'vous jure.

Et la fac, c'est presque aussi marrant que le collège. Parce que je suis de l'autre côté de la barrière.

En cours, avec mes copines, on ricane, on se fait passer des petits mots, t'as vu comment elle est habillée la prof, c'est quoi ce poncho, un tapis tu veux dire, psst t'as passé un bon week-end, ouais mais bon avec Vincent tu sais c'est dur, ah ouais tu l'as appelé, merde ma chaussure se décolle, putain tu les as payées cher ces godasses, quelle arnaque, chuuutugly_betty_cast_photo mesdemoiselles.

Je dors en cours, parfois, parce que c'est chiant, mais surtout parce que la veille j'ai regardé Ugly Betty et ça finit vachement tard.

Parfois je boude aussi, quand la prof m'embête à me poser des questions sur l'isolexisme pronominal du vers 4, qu'est-ce que j'en sais moi.

Je bavarde beaucoup, parce que j'ai pleins de trucs à raconter à mes copines, et non, ça ne peut pas attendre la pause, parce que d'abord y'en a pas de pause, et midi ça fait loin quand même, et puis j'aurais oublié ce que je dois leur dire.

lapin10J'arrive en retard, tout le temps, mais ça je fais pas exprès hein, c'est mon vélo qui roule pas assez vite et mon réveil qui sonne pas assez fort.

Bref, la fac c'est super.

Mais ce qui me rappelle le collège, c'est qu'à la fac aussi on trouve de sacrés cas, comme au collège. Dans ma "classe" de préparation à l'agreg' et au capes, on est une grosse vingtaine, et en dehors de mes copines formidables et moi, et allez, soyons fous, quelques personnes normales, ben y'a que des bras cassés. Des gens qui font le festival de la connerie quotidiennement. Un bonheur. Ils ont tous un petit surnom. La Statue Grecque, Dio Cristo, One Chicot, La Mocheté, Le Mouton, La Prostipute, L'Anorexique, Rabbi Jacob, La Vieille Baltringue, Les Lunettes Dior, English teacher, La R moscia, Jean-Marie.

Mes copines et moi, on est des filles sympas hein ? Mais vous me connaissez, je suis pas une critiqueuse. Nan nan nan. Tout ça, c'est justifié.

Prof : - Je vais vous faire écouter un extrait d'un opéra écrit au 18e siècle...

Vieille Baltringue : - Ca a été enregistré à l'époque ?

Prof : - Quelle époque ?

Vieille Baltringue : - Ben au 18e !

Prof : - Enregistré au 18e ? Mais réfléchissez !

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Prof : - On dit la réglisse et non pas le réglisse.

Vieille Baltringue (oui c'est un peu ma préférée) : - La dernière fois j'ai vu sur le paquet de tisane au réglisse que prend mon papa que la réglisse bah ça a des effets sur l'hypertension alors j'ai dit à ma maman de faire attention parce que mon papa il fait de l'hypertension, alors bon c'est dangeureux quand même hein.

Prof : - On vit dangeureusement hein.

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Vieille Baltringue (encore elle) : - Monsieur, vous pouvez répéter le nom du Môssieur qui a écrit le livre ?

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Dio Cristo (en plein cours) : Oh Dio ! Ho dimenticato gli occhiali ! Dio Cristo ! Non ci vedo ! (Oh mon dieu, j'ai oublié mes lunettes ! Jésus ! Je vois rien !)

Prof : - Oui bon ben remettez-vous.

********************

Prostipute : - Je suis Professeure d'allemand.

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Prof : - Quelle est la nature grammaticale de "dalla cima degli alberi" dans la phrase ?

Le Mouton : - Bah ça veut dire que ça vient de la cîme des arbres et que ça se propage...

Prof : - Cessez donc ce pipautage impressionniste.

********************

One chicot : - Monsieur c'est quoi ça ? (elle désigne la corbeille à papier).

Prof : - Euh... J'ai envie de dire... Une corbeille à papier ?

One chicot : - Ok ! Merci !

Oui je subis ça. Tel quel. Je n'exagère pas. Pas de private joke, pas de contexte, tout ça sort comme ça, spontanément, de la bouche de ces gens qui passent un concours pour enseigner et qui souvent, ont deux fois mon âge (ah l'âge alors...).

Mais bon, on a tous nos défauts hein. Et surtout, qu'est-ce qu'on rigole avec les copines.

Oui je sais, cet article tient de l'article privé à destination de mes copines et vous ça vous a sûrement pas trop fait rigoler, mais bon je suis en vacances hein.

Posté par Eluise à 20:24 - La vraie vie d'Eluise - Commentaires [17] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

27 février 2008

Bilan parisien

Paris, j'y vais principalement pour faire du shopping.
- parce que oui c'est ma passion
- parce que dans ma petite ville de province composée d'une rue commerçante, ok deux j'exagère, y'a pas beaucoup de magasins.
Donc j'ai raison de vouloir faire du shopping.
Et mon Hôte a par conséquent tort de se moquer de moi et de me proposer d'aller visiter, au choix, le Mémorial Charles de Gaulle, le Musée de la Légion Etrangère, ou un autre musée pourri.
Mais comme il est gentil, il m'accompagne. Mais il reste devant le magasin. Et il soupire. Il trépigne. Parfois il se sauve. Alors moi je me dépêche, je regarde vite fait, j'essaie rien du tout et je ressors frustrée.

- Pourquoi tu m'accompagnes pas à l'intérieur ? On pourrait regarder ensemble et puis...

- Regarder du Hello Kitty pendant trois heures, excuse-moi mais ça me passionne pas.

L'Homme a parlé. Tant d'ingratitude, j'vous jure.

Du coup, ben je suis rentrée de Paris avec un bilan shopping proche de zéro, ça me fait tout bizarre. J'ai pas l'habitude. Mais c'est pas grave, ça me permettra d'y retourner. Avec un être doté du gène du shopping. Genre une fille. Héhé. Parce que Paris c'est bien quand même.

hello_kittyOui j'aime Hello Kitty. Et je décline cette passion en pyjamas, chaussettes, tee-shirts, sacs, stylos, boîtes, autocollants, tapis (oui, tapis), miroirs, règle, etc etc... Et non j'ai pas honte.

Posté par Eluise à 15:41 - La vraie vie d'Eluise - Commentaires [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 février 2008

Eluise dans le métro

tgvPour me remettre de mes émotions australiennes, j'ai décidé d'aller passer quelques jours à Paris chez mon Hôte. Parce que non, je ne suis pas Parisienne. Je suis une provinciale, une vraie. Donc merci le TGV, Paris j'arrive. Paris, j'aime bien, mais pour quelques jours seulement, d'ailleurs, si jamais les hautes instances de l'Education Nationale me lisent, sait-on jamais, si je pouvais ne pas y être mutée trop vite, ce serait bien, merci.
Donc me voilà à Paris. Je sais que je suis bien arrivée à Paris et pas ailleurs parce qu'à peine descendue du train, mes jambes commencent à courir pour choper un métro. Ce qui est con, pourquoi je cours ? Parce que tout le monde court. C'est fou ça, tout le monde court et toi t'es con, tu cours avec, tu sais même pas pourquoi.
Commmetroe tout le monde, j'entends arriver le métro et je speede encore plus, vite vite, faut pas que je le loupe, le prochain est dans deux longues minutes.  Au péril de ma vie, je me faufile entre les portes qui se referment, et en plus je suis fière de moi. En sueur, mais contente. Ah la la, heureusement que j'ai couru hein.
Mais mes réflexes de provinciales reviennent vite. Je me mets à dévisager les gens dans le métro. Les Parisiens, les vrais, ils regardent personne, y'a que les touristes qui tournent la tête dans tous les sens avec un sourire idiot. Au fond du wagon, un mec met de la musique, tend un bout de tissu noir entre les barres et sort une marionnette, une souris mexicaine avec un sombrero, un truc terrible, trop marrant. On est deux à le regarder et à rigoler, une petite fille avec des tresses et moi. Les autres, ils s'en foutent, pourtant il est pas discret le type avec sa marionnette. Rah ce qu'il est marrant, j'me bidonne. A côté de moi, mon Hôte Parisien me fout des coups de coude.
- Arrête...
- Ah ah ah !
- Eluise arrête... Tu nous fous la honte...
- Quoi ? Oh c'que t'es rabat-joie ! File-moi ton porte-monnaie je vais lui donner quelque chose !
Le marionnettiste s'en va et tout le monde soupire de soulagement. C'est à nouveau tout triste. Je fais un clin d'oeil à la petite fille. Elle a des carambars dans la main, je caresse le secret espoir qu'elle m'en donne un. Que dalle.
Mon Hôte me tire par la manche, eh fais gaffe mon patelot tout neuf. Ah merde on descend. Ah nan on fait juste un changement.
Nous voilà dans les souterrains parisiens, je lis toutes les pubs, du théâtre, Surcouf, Carrefour, du cinéma, une expo. Mon Hôte me tire par la manche. Ouah des Péruviens qui jouent du pipeau ! Viens on regarde ! Pas des masses d'accord l'Hôte.
Sur le quai, on attend le nouveau métro. Moi je recule tout au fond, j'me colle au mur.
- Eluise, viens, avance un peu.
- Nan nan nan. J'ai peur.
- Peur de quoi ?
- Qu'on me pousse !
L'Hôte rigole, il se fout ouvertement de ma gueule. Des gens qui m'ont entendue me sourient. Quoi, j'vous fais marrer ? Vous viendrez pas dire que c'est de ma faute si on vous pousse sur les rails, j'vous aurais prévenus.
En attendant, je lis à nouveau les trucs sur les murs, y'en a tout un tas, c'est vachement joli, je sais plus le nom de la station, mais y'a des dessins partout avec des textes, c'est méga coloré, j'me demande si quelqu'un a déjà eu le temps de tout lire.
Le métro arrive. Les gens essaient de descendre du wagon, mais ils y arrivent pas parce que ceux qui veulent y entrer restent plantés devant la porte, ils veulent monter vite vite vite, c'est trop marrant.
A nouveau j'observe les gens. Pas de petite fille cette fois-ci. C'est bizarre, y'a jamais d'enfants dans le métro. D'ailleurs les gens sont souvent seuls. Ils lisent, écoutent leur musique, regardent leurs pieds. Même mon Hôte Parisien, il me parle pas, il lit Direct Soir. Un type entre avec un caddie qui fait de la musique, il se met à chanter, ça met l'ambiance.
modugno1959- Volare, hoho, Cantare, ho ho hoho, nel blu dipinto di blu...
Je commence à chantonner. Mon Hôte me fiche un coup de coude. Jme planque derrière Direct Soir.
- ... felice di stare lassu'...
Un vieux monsieur italien chante carrément plus fort que moi, je le regarde en souriant, et je chante en chuchotant, le vieux rigole. L'homme au caddie a l'air content, mais il finit par s'en aller.
Nous aussi on descend, vite vite vite.
On remonte à l'air libre. Pfiou. Quand je dis air libre j'exagère. Klaxons, pollutions, Vélib, bienvenue à Paris Eluise.

Posté par Eluise à 14:55 - La vraie vie d'Eluise - Commentaires [24] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 février 2008

Australie ! Oh non pas encore

barbiesCa y est, Clémence est partie. Clémence, j'vous en parle de temps en temps, c'est ma super méga copine de shopping, de Carambars, de virées nocturnes, de langue de pute, d'explosion du forfait illimité de SFR, de rigolade, de coups foireux, de tout quoi. Et puis l'an dernier, va savoir pourquoi, la foudre, un électrochoc, elle s'est dit "Tiens si j'me barrais au bout du monde". Elle a fait sa valoche, elle m'a dit "Tu veux pas venir avec moi en Australie ?", j'lui ai dit "C'est ça ouais et qui c'est qui va passer mon capes ?" et puis elle est partie. Du jour au lendemain, plus de rigolades, plus de shopping, le téléphone muet, plus rien. Alors bien sûr on s'est appelées, toutes les semaines, mais c'est quand même pas méga pratique avec 9h de décalage horaire, faut prendre rendez-vous, et pas "On s'appelle à 17h" parce que personne capte rien mais des rendez-vous du genre "On s'appelle dans 6h15". Pratique j'vous dis. Cette année est passée vite, j'me suis fait de nouvelles supers mégas copines, mon capes m'a eu pour lui tout seul, j'ai vachement économisé en shopping.

Et puis en décembre elle est revenue.

J'étais bigrement contente de la revoir ma Clémence, je l'ai à nouveau mise dans mes numéros illimités, ma Twingo a réappris le chemin jusqu'à chez elle, je me suis ruinée en shopping, j'ai perdu 3 kg en rigolant. On s'est un peu disputées aussi, j'ai boudé parfois. C'était tout comme avant.

Et puis elle m'a dit qu'elle avait réservé un billet pour repartir là-bas. Retour prévu en France: juin 2009. Là j'ai carrément australiepas kiffé. Mais bon, qui je suis moi pour lui dire que si elle s'en va c'est nul la vie sans elle. Qui je suis pour lui dire que j'ai peur pour elle, que je le sens mal ce retour là-bas. Qui je suis pour lui dire de rester ? Du coup j'me suis mise à la détester, parce que c'est pas juste de rentrer deux mois, de recommencer tout, de se retrouver, pour mieux repartir ensuite. J'me suis même dit qu'elle aurait mieux fait de rester chez ses Australiens, qui, soit dit en passant, ne sont ni blonds, ni bronzés, ni surfeurs, une arnaque de haut niveau ce pays.

Hier soir on s'est saluées. J'me suis mise à pleurer, elle m'a dit d'arrêter parce que sinon elle me mettait une patate, alors je lui dit que c'était moi qui allais lui en mettre une parce qu'elle est quand même une sacrée connasse doublée d'une ingrate. Du coup on s'est serrées dans les bras, et ça nous a fait tout bizarre parce qu'on est pas branchées câlins bisous trucs de filles, mais bon, si on doit plus se revoir avant juin 2009, on peut faire un effort.

Alors voilà, je suis un peu tristounette, j'me sens toute seule, mais ça va aller. J'me dis que j'irais bien la voir cet été, mais le billet d'avion me coûterait la bagatelle d'un oeil, donc j'y réfléchis encore. D'ailleurs si vous êtes riches et généreux, sachez que j'accepte les dons, par chèque, virement, espèces, et même paypal si vous insistez. Je suis également preneuse d'idées visant à rapprocher l'Australie de la France. 

Eluise elle est pas marrante aujourd'hui et en plus elle nous raconte sa vie, je sais, mais elle fait ce qu'elle peut hein, et en plus elle est en vacances. 

Posté par Eluise à 17:32 - La vraie vie d'Eluise - Commentaires [17] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19 février 2008

Mon Mini Frangin

totoMême pendant les vacances, j'me coltine du morveux. Le morveux en question, c'est mon mini frangin, 10 ans et presque toutes ses dents, encore dans les délices de l'école primaire, fan des Simspons, des blagues de Toto et des bonbons Haribo. Et comme c'est mon frangin, il est méga intelligent, c'est ça la génétique. Et moi ce Mini Frangin, c'est simple, je l'aime d'amour, j'le kiffe.

Et là, c'est les vacances donc Mini Frangin et moi on est livrés à nous-mêmes. Enfin en théorie j'le garde. Mais souvent j'me lève pas avant midi, donc c'est plutôt lui qui me garde. Mais l'aprèm, je m'occupe de lui hein, n'imaginez pas que je suis une soeur irresponsable.

Hier, on est allés se balader à Auchan. Tout content Mini Frangin, chic une promenade en Twingo, maintenant que j'ai 10 ans hein que j'peux monter devant hein hein hein. Hop détour par la galerie commerciale, le magasin de jeux vidéos, puis le rayon jeux vidéos, ouah mate ça y'a Mario Party 8 qui est sorti sur la Wii, puis par le rayon BD, mais nan j'les ai déjà tous lus les Kid Paddle pff. Après cet feinte, tiens viens là le jeune on va au rayon beauté...

- Ah ben ouais t'en as besoin !

.... parce que faut que j'm'achète de la cire.

- Ah ben vu comme t'es poilue, il faut hein !

- Espèce d'ingrat.

- C'est quoi un ingrat ?

- C'est quand quelqu'un est pas reconnaissant.

- C'est quoi reconnaissant ?

Eh oh j'viens de dire à tout le monde que t'étais vachement intelligent, tu veux me foutre la honte ou quoi ?

- Bah c'est quand quelqu'un fait quelque chose pour toi, est sympa avec toi, et toi en échange tu lui fais un truc pas sympa. Genre moi j'te balade et toi tu me traites de moche poilue. Tu saisis ?

- Aaaaah ouais. C'est vrai ça, c'est sympa de m'emmener ici avec toi.

Il est malin Mini Frangin. Et le soir, mise en application du concept. Mini Frangin a la sale habitude, à table, de jouer avec tout. Il arrache l'étiquette de la bouteille d'eau, fait rouler son rond de serviette, tripote le pain, tapote sa cuillère, retourne le dessous de plat...

- Bon ça suffit là, arrête parce que je deviens folle.

Mini Fangin soupire. Et il recommence.

- Mais arrête-euh.

Du coup il se fait enguirlander. Il est méga vexé. Il boude. Il me jette un regard noir.

- Quand tu seras sur ton lit de morte, je te pleurerai même pas.

Bon là il s'est carrément fait bien engueulé et puis punir, hop la douche, au lit. Hop j'en rajoute une couche :

- Tu vois, ben c'est ça un ingrat.

Mais j'vous rassure, après avoir bien boudé, il est venu s'excuser. On s'est fait un bisou. Enfin surtout moi parce que lui il est pas trop branché bisou, il a tendance à se sauver, j'me demande pourquoi.

Et puis aujourd'hui on est allés faire un peu de shopping et il m'a sorti les phrases qui tuent :

- On peut s'arrêter à la librairie ? Steuplé, steuplé !

- Quoi tu vas encore t'acheter des fringues ? Mais tu peux pas rentrer dans un magasin sans acheter quelque chose ! Et pis un pull comme ça t'en as déjà un.

Il est quand même méga intelligent mon Mini Frangin hein.

Posté par Eluise à 17:43 - La vraie vie d'Eluise - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 février 2008

Eluise est vieille

Ca y est, je suis vieille. J'aurais pas cru que ça arriverait si vite mais voilà, ça y est. J'ai réalisé ça cette semaine, même si ça faisait déjà quelques mois que je m'en doutais, mais que je me voilais la face.

shopping_elleSamedi dernier je faisais tranquillement mon shopping, oubliant que les affreux et moi, on vit dans la même ville. Et donc qu'on fait notre shopping dans la même rue. Parce que ma ville, elle a pas beaucoup de rues. Donc évidemment mon shopping s'est vite transformé en séance de parano, parce que partout où j'allais je rencontrais des affreuses. Sans rigoler, une bonne quinzaine. Qui me regardaient avec de grands yeux, dans lesquels s'inscrivait en lettres majuscules et fluos ce message : Qu'est-ce qu'elle fout là la pionne, c'est un magasin de djeuns. Ca facilite pas le shopping, tous ces regards fixés sur le moindre de mes gestes, j'osais plus rien toucher, d'ici à c'que j'ai des goûts ringards. Allez j'me lance. Oh tiens sympa ce tee-shirt. Meeeerde la gamine a le même dans la main, j'vais quand même pas m'habiller comme les collégiennes. Allez j'm'en vais.

Et puis la discrétion aussi, quand les troupes de prépubères se mettent à meugler dans le magasin :

- Ehhh c'est Eluiiiiise ! C'est la pionne ! Ehhhh salut ! Saluuuut ! Ouh ouh !

- Oui oui salut les filles. Vite on s'en va.

Les collégiens pensent en effet qu'en dehors du collège, je n'existe pas, que je ne suis pas une vraie personne.

- Madame mais vous faites du shopping ? Ouaaah mais en fait vous ausi vous habitez ici ! Et vous connaissez H&M ? Et Zara ? Naaaan ! Ouaaaah z'êtes pas si vieille en fait !

Si vieille ? Ah le coup dur. Toujours est-il que le lundi matin suivant, à 10h, tout le monde savait ce que j'avais fait de mon samedi aprem.

A cela s'ajoutent les nombreuses fois où on m'a carrément traitée d'épave. Il faut savoir que je suis conseillère conjugale coeurpour collégiennes, et même parfois pour collégiens. C'est très sérieux, ne rigolez pas. Ils me racontent leurs histoires, qui sort avec qui, qui a plaqué qui, après on en parle avec mon collègue Olivier qui adore ça aussi (pas la peine de nier hein). Alors j'écoute, je hoche la tête, je conseille. Et puis parfois ils me sortent :

- Ouaaaais mais bon, tu sais, c'que tu dis c'est vrai, mais c'était surtout comme ça à ton époque...

Mon époque ? La préhistoire c'est ça ? Quelle bande d'ingrats.

Et ce week-end, le coup fatal. Une de mes copines fêtait son anniv, une copine prof, donc elle avait invité pleins de profs ouh. Resto. Tout va bien. Sortie en boîte. La boîte qu'on a fréquentée assiduement pendant quelques années, une référence sûre, un truc VIP. On rentre. Et là le coup dur. Moyenne d'âge 16-17 ans, voire moins pour certains. Tecktonik à plein tube. Lycéennes déchaînées, bourrées au coca. Lycéens en chaussures pointues blanches. Paillettes. Micro-robes. Cheveux laqués. Le coup de vieux. Les potes profs, ils se sont mis à flipper, oh putain on va croiser les élèves c'est sûr argh. On s'est tous demandé ce qu'on foutait là, on avait l'impression d'être dans une boom (mais ça, ça se faisait qu'à notre époque nan ?). Du coup on s'est planqués dans un coin et on en a profité pour faire une analyse sociologique, de haut niveau forcément à 1h du mat' avec un coup de Lambrusco dans le nez. On a bien rigolé sur le couple qui s'est embrassé pendant 12 minutes debout au milieu de la foule, sur la fille qui dansait avec ses bras, assise sur un tabouret haut, sur le mec de 14 ans qui tentait une approche, sur la fille avec 13 cm2 de vêtements qui dansait sur la barre, et on s'est dit que la tectonik oui, mais un danseur de tecktonik bourré, nan.

On a fini par partir parce que vraiment, c'était juste pas possible de se sentir aussi vieux, surtout quand on fête un anniversaire. Surtout quand c'est 24 ans. Mais c'est pas nous qui avons changé hein, c'est la boîte qui décidemment n'est plus ce qu'elle était. Non mais.

Posté par Eluise à 15:30 - La vraie vie d'Eluise - Commentaires [14] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

15 février 2008

Les sucettes

Le pion rend régulièrement la justice. C'est un peu le Zorro des prépubères. Quand les affreux ils se disputent à propos d'un truc méga important genre mais nan mon pantalon il est pas noir, il est bleu marine, c'est souvent le pion qui doit trancher :

- Hein ouais Eluise que mon pantalon il est bleu marine ? Hein hein ? Dis-lui toi.

Faut pas dire de connerie.

- Nan il est noir.

- Tiiiiiens tu vois, dans tes dents.

Là genre j'me suis fait un ennemi pour la vie. Alors que si je dis :

- Bah il a l'air noir mais au soleil il a des reflets bleu marine.

Tout le monde est content. Trop intelligente la pionne.

Mais c'est dur de pas prendre parti. Parce que putain, ce pantalon il était clairement bleu marine, sont aveugles ou quoi.

Parfois ça se complique. Comme l'autre jour.

- Madame madame, les filles elles sont sorties du collège pour aller acheter des sucettes !

sucettesRah la la quelle bande de balances ces mecs.

- Z'êtes jaloux parce que vous en avez pas, vous, des sucettes.

- Nan mais Madame attendez c'est grave, hein ouais qu'elles ont pas le droit de sortir pendant la récré hein hein hein, faut aller les voir et les coller.

- Quel souci de la justice, qu'est-ce qui vous arrive les djeuns ?

- Ben elles veulent pas nous en filer des sucettes !

Aaaah ben oui.

Moi impartiale, je n'écoute pas ces ragots de garçons, d'ailleurs "ragots de garçons", ça va pas ensemble.

Sauf que les garçons, ils m'ont suivie pendant toute la récré, ils faisaient une masse autour de moi.

- Là, elles sont là, regardez elles mangent des sucettes ! Eeeeh on les a ratées ! Madame, allez les voir !

Evidemment, je rends pas la justice populaire en plein milieu de la cour avec une meute de testostéronniens affamés autour de moi, j'suis pas complètement folle quand même. J'me dis que je règlerai ça plus tard quand les garçons m'auront lâché la grappe.

- Bon eh toi tu lâches mon manteau, toi tu laisses mon bras, pousse-toi t'es dans mon chemin toi.

C'est qu'ils insistent. Quelle bande de boulets.

- Mais madaaaam c'est pas juste !

- Bon bon je vais voir.

- Ouaaaaais !

Les garçons sont contents, ils sautillent de joie, ils frétillent, y'en a qui partent en éclaireurs "Ouah Eluise elle arrive elle va vous défoncer !" Je vois les filles se retourner, me regarder venir vers elles, merde la pionne, merde qu'est-ce qu'on dit. Elles ont toutes leur sucette dans la bouche. De belles sucettes, rouges, en forme de coeur. Ouaaah.

- Salut les filles. Dites voir, paraît que vous êtes sorties pour acheter ces merveilles ?

Les garçons jubilent, ils piaillent, poussent des petits cris de victoire. Les filles elles font pas les malines. Les sucettes sont brillantes, rouges rouges rouges. Je suis comme hypnotisée.

- Mais nan Madame... En fait euh... Les sucettes... Ben... On les avait déjà dans nos sacs...

- Ok ok. On s'en tape en fait. Vous me donnez une sucette ?

Les filles se regardent, c'est quoi l'entourloupe qu'elles se disent. Elle me tendent le sachet. J'y jette ma main, aaaah unecoeur belle sucette en forme de coeur, toute jolie ! Les garçons commencent à moins s'agiter. Putain la chance, ouah la pionne, j'hallucine.

- Merci les filles. Bonne journée.

La justice y'a que ça de vrai. Et moi je kiffe ces sucettes.

Posté par Eluise à 08:30 - La récré - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 février 2008

Mes muses m'amusent

Y'a des jours comme ça où tout se barre en couille. Avant j'aurais pété mon boulard. Maintenant je souris sereinement. Je me dis que ça me fera un bon article pour mon blog. Vaaaas-y, défoule-toi gamin, sois ma muse.

C'était un de ces jours fantastiques où le CPE a la grippe, où la collègue est malade, où le collègue est en concours et surtout, un de ces jours où Proviseur Foufou et moi, on se retrouve seuls. Donc il focalise l'emmerdement maximal sur img_fonds_decran_tux_seul_sur_la_banquise_hardwiigamer_3941moi, mais là aussi je relativise, j'me dis qu'il va devenir une star blogesque grâce à moi.

- Eluise il faudrait aller surveiller un devoir de 3e au deuxième étage.

- Ma foi oui j'aimerais bien avoir ce merveilleux don qu'est l'ubiquité, mais sachez, Proviseur Foufou, que je suis seule, ô oui, seule. Je ne peux surveiller la perm' avec ses habitués, ses collés et ses exclus, traiter les billets d'absence, envoyer des courriers aux parents, traiter les retenues déposées par les profs et...

- Ah bon, mais pourquoi vous êtes toute seule ?

Parfois il dit des trucs cons comme ça, sans trop réfléchir, c'est rigolo.

- Bon ben je vous envoie les 3e, vous les surveillez ici, dans la perm'.

En voilà une idée qu'elle est bonne.

Je me retrouve donc avec une trentaine de 3e, une demi-douzaine de collés, quelques dispensés, bref, une bonne quarantaine de gamins, si avec ça je m'amuse pas et je trouve pas matière à bloguer, c'est vraiment que je le fais exprès.

Hop un par table, hop je distribue les devoirs, taisez-vous, asseyez-vous, enlève ta veste (mais c'est quoi ce délire de garder son manteau partout ?), tais-toi j'ai dit, sors un stylo tu vas pas écrire avec ton doigt, mais tais-toi euh, et une feuille aussi, ben oui c'est mieux, retourne t'asseoir, eh tu vas où toi, allez silence les 3e travaillent, eh m'dame vous devriez être prof, oh c'est un compliment ça, quoique j'suis pas sûre alors méfie-toi mon brave.

Silence relatif. Y'en a qui essaient de gruger un peu, j'leur explique que je suis pas une belette, j'les connais toutes les combines, comment tu crois que je suis là où je suis maintenant ?

Et là, c'est le drame, comme dirait Jules Edouard Moustic, enfin j'suis pas sûre que ce soit lui l'inventeur, mais bref, là c'est le drame parce que débarque un convoi d'exclus. Exclus par Mme Français, qui pratique peu l'exclusion de cours, pour ne pas dire pas du tout. Elle aime bien garder ses brebis avec elle, même les galeuses, et c'est tout à son honneur. On l'aime bien Mme Français. Du coup j'me suis dit qu'un truc vraiment grave avait dû se passer, et pis cinq d'un coup, ça fait du monde quand même. Evidemment, il s'agissait des 6e Duracell-Déchaînés, tellement déchaînés qu'on a jamais vu ça. Mon collègue Olivier il dit que dans cette classe, sans faire exprès, ils ont réuni tous les gamins qui avaient une toute petite toile d'araignée en sortant du CM2 (en gros, je crois que c'est cette espèce de petit graphique qui montre l'étendue - ou pas - de leurs capacités). Bref, les affreux débarquent, à grand renfort de claques mutuelles derrière la tête, de croche-pattes, de madame-mais-c'est-pas-moi, de sacs volants.

- Chuuuuut ! Mais chuuuuut les 3e ils travaillent ! Chuuuut !7nains

J'osais pas crier alors j'vous dis pas les postillons, morts de rire les 6e.

Ils en ont rien à faire de moi ces 6e, ils continuent leur bordel. Allez les grands moyens. Hop un au coin, un à côté de moi, un dans le couloir, un sur la chaise du vilain, c'est-à-dire la chaise juste en face du bureau du proviseur foufou.

Celui au coin s'est mis à danser la tecktonik pour faire rigoler les copains, celui dans le couloir faisait des allers-retours en sprintant tout seul, celui sur la chaise du vilain s'est sauvé pour aller sprinter avec son pote, celui à côté de moi a fait que me gonfler en rigolant tout seul.

Du coup les 3e ils rigolaient bien aussi, je faisais que courir dans la perm' après mes 6e malicieux, j'osais pas crier pour pas déranger les 3e en devoir, mais eux ils en profitaient pour se filer les réponses du devoir, quelle bande d'ingrats quand même, je passe pour quoi moi après.

J'étais toute essouflée, toute stressée, en plus je pouvais même pas les exclure ces 6e, tiens c'est un concept ça, exclure les exclus, mais j'étais heureuse dans le fond. J'ai pris un ptit bout de papier, celui où je note mes idées d'articles, et pis j'ai écrit "le bordel du devoir". Voilà.

Attention y'a du spoiler.

billet2

Posté par Eluise à 08:30 - En permanence - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 février 2008

Eluise taguée

Top_SecretTout comme ces chaînes de mails affreuses qui polluent votre boîte aux lettres, les tags fleurissent sur les blogs. Donc voilà, Proald m'a taguer taguée.

Mais c'est pas aussi terrible que les mails, ça permet de mieux se connaître entre nous, les blogopotes de la blogosphère, à c'qui paraît.

La règle du jeu :

- Livrez dans votre prochain article sept de vos secrets (vie, famille, animal... c'que tu veux).

- Recopiez la règle du jeu (merde j'ai recopié avant, ça compte ?)

- Désignez sept heureux gagnants que vous allez à votre tour taguer et envoyez-leur un message/commentaire pour leur annoncer la bonne nouvelle et les inviter à consulter la règle du jeu sur votre blog.

C'est cool j'me suis dit, ça me fait un article sans me casser la tête. Ben tiens, pas fastoche en fait. Allez j'me lance, du secret en veux-tu, en voilà.

1. J'ai une sévère addiction au chocolat et au coca light, mais méchant hein, genre parfois j'ai des sensations de manque, argh je respire mal, je tremble.

2. Je dors plus qu'un chat en hiver. D'ailleurs c'est bientôt les vacances, lever 15h en moyenne, juste pour l'heure du téléfilm sur TF1.

3. Car oui je regarde les téléfilms de TF1, et ceux de M6 aussi, et même la Starac'.

Bon c'est soft ça comme secrets. Allez j'me lance dans du lourd.

4. C'est moi qui ai ta veste noire, Clémence. J'peux la garder ?

5. Régulièrement, je suis la cible d'exhibitionnistes dans la rue qui me montrent leur truc, et ça depuis mes 8 ans. C'est fou quand même !

6. Quand je croise mon ex à la fac, je fais honteusement semblant de pas le voir et je tourne la tête de l'autre côté, oui ça c'est vilain.

Et attention, du lourd de chez lourd pour cet ultime secret... Vous êtes prêts ?

7. J'ai mon capes depuis juillet, je suis en report de stage, Eluise prof à la rentrée. Nan c'est pas une blague.BAM_

A moi de taguer maintenant... Hum hum hum... Qui je vais choisir... Alors. Emi. Charly. BBK.mel, ah nan déjà taguée merde. Proctor. Léa. Nina. Tite Blonde. ProfAnonyme. Voilà !

Posté par Eluise à 00:02 - La vraie vie d'Eluise - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

12 février 2008

L'affaire du FBI

alphabet_russe_1003

Le collège propose aux affreux de faire du russe. Et même pire mieux, du russe en première langue, dès la 6e, hoplà. Ca permet à tous nos gamins qui arrivent de l'Est de pas être trop perdus parce qu'en général quand ils débarquent, le français c'est leur LV6 alors que le russe, ils gèrent carrément. Et ça permet aux parents malins de déjouer la carte scolaire pour éviter que leur morpion ne se retrouve dans l'autre collège du quartier, classé en ZEP avec grillage, alarmes et tout c'qui faut "Il m'faut une dérogation pour que mon fils puisse apprendre le russe parce que bon l'anglais hein...".

Sauf que les gamins, eux le russe ils s'en tapent.

Faut dire aussi que Mme Russe, la prof, elle donne pas très envie. On va pas parler de son physique parce que bon bah c'est pas sympa quand même, c'est pas sa faute. Le vrai problème, c'est qu'elle est légèrement psychorigide avec zéro humour. Alors que les gamins ils sont complètement psycho-déglingués avec exclusivement de l'humour dans le cartable.

Quand je rentre dans la classe de russe pour ramasser le billet, les gamins me regardent, l'oeil larmoyant et tendent les bras vers moi "Eluise, sauve-nous... Pitié", mais Mme Russe, elle tape sur le bureau avec sa règle en bois, elle crie en russe, ça m'fait peur, alors j'me sauve vite.

Elle donne beaucoup de travail aux pions aussi. Elle kiffe coller tout le monde. Et elle kiffe écrire le motif de la retenue en russe. Moi j'suis de bonne volonté mais quand même, je parle pas russe, bah oui ça vous étonne mais bon c'est comme ça. Et pis j'ose pas aller lui demander de m'expliquer, dès fois qu'elle me foute un coup de règle. Mais comme elle colle toujours tout le monde pour n'importe quoi, souvent j'invente, oui j'avoue.

Et l'autre jour, j'ai même pas eu à inventer. Fred, martyr de Mme Russe, se pointe avec ses autres copains martyrs et me demande, tout sérieux :

- Dis voir Eluise ça veut dire quoi F.B.I ?

- Fausse Bonne Idée.

Oui oui je suis toute pétrie de culture moi ça vous épate hein. Si vous avez pas compris, pff bah vous êtes carrément ringards hein (mais vous pouvez toujours vous rattrapper en écoutant la dernière chanson de Mickaël Youn).

Donc les gamins ils rigolent, et puis :

- Naaaaan mais sérieux !fbi_logo

- Bah Federal Bureau of Investigation (ou plutôt, avec mon accent de folie Fédéral Bureau of Investigaïchieunes).

Les gamins ils se regardent. Ils hochent la tête. Ils secouent la tête. C'est quoi c'te histoire encore.

- Quoi, j'ai dit une connerie ?

- Nan nan, mais aujourd'hui Mme Russe elle nous a demandé ce qu'on voulait faire plus tard, alors moi j'ai dit que je voulais travailler au FBI alors elle m'a dit d'arrêter de dire des conneries alors moi j'ai dit "Mais nan Madame, mais j'veux vraiment travailler au FBI", alors la prof elle a dit que je devais arrêter de me moquer d'elle, mais moi j'me moquais pas hein, j'veux vraiment travailler au FBI, alors elle a dit que j'étais un impertinent et alors elle m'a collé !

Vous me connaissez un peu maintenant alors j'ai pas besoin de vous dire que je me marrais comme une baleine, mais intérieurement hein, je critique pas les profs devant les élèves moi, j'ai des principes. Mais quand même je comprends pas. Y'a vraiment un truc qui m'échappe. Avec mes collègues on soupçonne une ancienne appartenance à un département de services secrets. Ou alors une paranoïa aiguë. Ou alors un sérieux déficit en second degré. Parce que Fred, c'est pas un impertinent, c'est d'ailleurs difficilement un marrant.

Du coup j'ai dit à Fred d'aller s'expliquer avec la prof, que ça devait être un malentendu et tout, mais il avait pas l'air convaincu.

La colle est arrivée, rédigée en russe. J'étais sacrément déçue, je me préparais déjà à une bonne poilade, merde alors, j'ai même pas pu rigoler en lisant ce qu'elle avait écrit.

Le gamin allé voir la prof, qui l'a à nouveau taxé d'impertinent. Il y est retourné encore. Et encore une fois. Et une autre fois.

Elle a fini par lui mettre une remarque dans son carnet de liaison, pour impertinences répétées.

Posté par Eluise à 09:14 - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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