17 décembre 2007
Entretien d'embauche

On a une nouvelle collègue. Autant un nouveau prof ça déchaîne les passions chez les élèves, autant un nouveau surveillant, tout le monde s'en fout. Enfin je crois. Ptêt que ça les émeut en fait, va savoir.
Le proviseur aime bien embaucher des gens qui n'ont pas encore d'expérience en tant que pion. Va comprendre. Et bizarrement il choisit souvent des empotés. Je dis ça parce que c'est un nouveau proviseur, c'est pas lui qui nous a embauchés, mes collègues et moi, nous on n'est pas des empotés, sinon je m'insulterais toute seule, j'suis pas bête quand même.
Bref cette nouvelle pionne. Elle nous a tout de suite semblé gentille. Et ça c'est un problème. Nous on aime les durs à cuire, les gens qui peuvent crier sans se péter la voix, dégainer la retenue sans remords, gérer le logiciel des absences (ô sconet) sans péter un câble, multiplier les fractions entre elles et j'en passe. Donc quand la fille elle a commencé à me parler tellement pas fort que j'entendais rien et que donc du coup j'ai dû faire baisser le volume de la perm' : "Ooooooooh vous vous taiseeeeeeez ! J'entends pas c'que la nouvelle surveillante elle me raconte ! Nan je sais pas comment elle s'appelle ! Comment tu t'appelles au fait ?", on s'est toutes les deux dit que c'était mal barré cette affaire.
Alors on l'a formée. On lui a expliqué qu'elle devait être une warrior, rien céder, pas se faire entourlouper mais pas être méchante non plus, on n'est pas des monstres, non mais oh. Gueuler sur certains mais pas sur d'autres parce que sinon ceux-là ils se braquent et t'en fais plus rien, ben non on n'a pas une liste de ceux-là, c'est au feeling. Lui dire qu'on ouvre les toilettes en dehors des heures d'ouverture à personne sauf à ceux sur qui on peut gueuler mais pas à ceux qui se braquent, mais là non plus on n'a pas de liste, c'est au feeling. Elle avait l'air perplexe devant tant de justice et de simplicité.
Après elle a fait sa première perm' de 40 élèves. Elle a essayé de demander le silence. Raté. Elle a crié. Raté. Alors moi j'ai gueulé et ils se sont tus mais c'est surtout elle qui a eu l'air d'avoir peur. Va savoir pourquoi. Du coup elle aussi elle s'est tue.
Et puis après ce sont les élèves qui l'ont formée. L'épreuve du feu. Ou de l'eau plutôt. Les toilettes. Vous l'avez sans doute remarqué, c'est un sujet sensible et récurrent, sans mauvais jeu de mot. Milieu d'heure, en perm', c'est Johanna qui passe à l'action :
- Eluise tu peux me donner les clés des toilettes ? (Eluise c'est moi hein)
- Bien tenté. Mais non.
- Allez, steuuuupléééééé, j'ai enviiiiiie.
- Je suis sûre que tu vas pouvoir empêcher ta vessie de craquer pendant encore une demi-heure.
- Mais nan mais...
Regard noir de ma part, légère dilatation de narines, elle saisit le message et repart, dépitée. Fin de la scène. Du moins le crois-je.
Je vais faire mon tour de couloirs récupérer les billets d'absence et en redescendant, que vois-je, ô vision d'horreur ? Quatre élèves dont Johanna, dans les toilettes, se crachant de l'eau au visage, se déguisant en momie de PQ et criant à tout va. Le bon bordel quoi. Si le proviseur voit ça, adieu mon job. S'ils retournent en cours trempés, j'ai les profs sur le dos.
- C'est quoi ce délire, zêtes malades ou quoi ?
- Bah nan c'est la nouvelle pionne elle a dit qu'on pouvait !
- Quoi, faire le bordel ?
- Ben nan, faire pipi.
- Pipi collectif à tendance festif ? Allez vous virez de là.
Là ils se regardent en fronçant les sourcils, s'essuient le visage avec le PQ, y'en a un peu qui reste collé au front, ils recrachent un peu pour la forme, ils vont faire pipi parce qu'avec tout ce bordel ben ils ont pas eu le temps et retour en perm'.
La clé de cette affaire est assise tranquillement derrière le bureau.
- Dis voir, euh, c'est comment ton prénom déjà ?
- Emilie.
- Emilie. Euh. Sauf erreur de ma part, tu leur as un peu ouvert les chiottes alors que j'avais dit non, remettant ainsi en cause mon autorité si durement acquise ?
- Ah bon, t'avais dit non ?
Pire qu'une élève. Si elle avait un carnet je lui mettrais un mot pour mauvaise foi caractérisée.
- Effectivement j'avais dit non et je suppute que tu as entendu puisque tu étais assise à côté de moi.
- Oui je sais... Mais bon... Faut être humain quand même.
Ah oui c'est vrai. J'avais oublié. Heureusement qu'elle est là. C'est comment son prénom déjà ?
Commentaires
j'ai la meme :p
je me reconnais tellement ici... cinquieme annee de pionnicat et j'en ai vu passer des mollassonnes (tu as remarqué plus de pionnes que de pions c'est bizarre!) ; derniere en date ya deux mois et qd je crie en colle pr les faire taire elle me regarde encore en me disant "whaouuu comment tu fais?" no comment ...
Humain ...
Il faut connaître ses synonymes : élève = menteur (persque toujours). Et surtout ne JAMAIS faire confiance à un élève, même lorsqu'il a juré sur la tête de sa mère et le coran à la fois !
nous les toilettes sont toujours ouvert , de ce côté là ( que ce soit ceux du collége , ceux d'études supérieures ou ceux du lycée - oui nous aussi on est cité scolaire mais les collégiens et les lycéens se mélangent en récré et à la cantoche , comme ça on peut aider les collégiens à devenir plus mature ( ou pour certain ammener les lycéens dans l'immaturité des collégiens)
mais bon , comme les toilettes sont toujours ouverts chez nous , les pipi collectifs à tendance festif , c'est souvent
Chez nous, le probleme, c'est que certaines pionnes sont a peine plus vieilles que les élèves... 20-22ans, et que,bien entendu, a cet age-là, c'est pas encore tres mature et ca devient copines avec certains elèves !!! Resultat, on s'engueule sans arret, on se contredit sans arret, les momes s'en rendent forcement comptent et en jouent enormément ! Y'a pas trop de soucis de toilettes, c'est plus de histoires de ballon de foot autorisées ou non pdt les récrés, ou des mp3 pdt les perms...
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