Une pionne assiste l'éducation en permanence

Une assistante d'éducation (ou une surveillante, une pionne quoi, c'est devenu un sacré foutoir) livre les clés du collège et les secrets des pions.

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27 août 2008

Déviation

Je suis de retour !
Mais je m'en vais !
Mais je reviens !

Désormais, pour savoir comment je vais survivre dans mon lycée des montagnes il faut se rendre sur le nouveau blog :

http://eluise-professoressa.blogspot.com/

Merci à tous et à tout de suite !

Posté par Eluise à 22:37 - Presque prof - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

08 juillet 2008

Ciao !

hamacBon, j'me casse à Mayotte avec Charly.

Bonnes vacances !

Posté par Eluise à 10:22 - Commentaires [25] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 juillet 2008

Pétage de pions

relaxBandes de lâcheurs de profs, ils sont tous en vacances, et vas-y que je me la pète. Nous en attendant, on trime encore. Enfin, trimer est un bien grand mot pour caractériser l'immense glande de ces ultimes jours.

Côté lycée, on ne fait carrément plus rien, le bahut est désert mais nous on vient faire acte de présence, nos pas résonnent dans les couloirs, on erre dans les escaliers, on se traîne d'un ordi à l'autre, c'est d'un triste. Du coup on s'est dit qu'on se fera un grand cache-cache un de ces jours, ça va être bigrement marrant.

Côté collège, c'est pareil mais avec des élèves. Parce que oui, y'a encore des élèves qui viennent. C'est dingue hein. Je passe mon temps à leur dire :

- Mais bordel qu'est-ce que vous foutez là, rentrez chez vous !

Mais nan. Ils disent que chez eux, ils s'ennuient.

- Quand tu séchais les cours tu t'ennuyais pas chez toi pendant l'année ??

- Bah nan, là c'est pas pareil, c'est rigolo.

C'est vrai que c'est rigolo. Plus de cours mais des "activités pédagogiques" vachement marrantes à laquelle les élèves s'inscrivent librement. Ou pas. Les profs adorent :

- 'Tain fait chier celle-là, elle est la seule inscrite de mon activité, elle pouvait pas choisir autre chose ?!

Eh oui, même les profs deviennent rigolos. Ils débarquent en masse pour squatter notre bureau, ils ont le sourire, et même, incroyable, ils nous parlent.

Mais nous, on n'est plus opérationnels pour tenir des conversations. Déjà, on a décidé qu'on voulait plus d'élèves en perm'. Ils se démerdent, mais nous, on veut plus personne, j'vous dis pas la paix royale que ça nous fait. Proviseur Foufou a bien essayé de nous refourguer quelques affreux en inscrivant une activité à notre niveau, j'entends "jeux de société et jeux de ballons" mais non non non, on a dit pas d'élèves.

Pourquoi ?

Parce qu'on a autre chose à faire. On a fait un super tournoi de lancer de boulettes de papier dans la corbeille, je dois dire que je me suis pas mal démerdée, Olivier était jaloux. Il a argué la chance du débutant mais que nenni, le talent c'est le talent.

Ensuite j'ai tenu, pour vous, à me tenir au courant des derniers potins : Jojo sort toujours avec Seb et pour l'instant ça roule.

Toutefois, nous n'acceptons les élèves qu'à une condition : qu'ils apportent quelque chose à manger. Car profs et élèves se goinfrent de Pépitos et de Banga pendant les derniers cours mais nous les pions, quand est-ce qu'on mange ? Du coup, des élèves ont eu pitié de nous et on a pu nous aussi se blinder la panse à coup de brownies au chocolat.

Avec tout ça, j'vous dis pas l'état du bureau. Entre les billets d'absence de la semaine dernière qui traînent, les miettes de gâteau et les boulettes de papier, on nage dans un sacré bordel.

Bordel qu'on va devoir ranger la semaine prochaine, lorsqu'on sera de "semaine administrative". Mais c'est quoi cette arnaque ?

Vous inquiétez pas, j'ai déjà une parade, je ne suis pas une pionne de folie pour rien.

Posté par Eluise à 17:51 - Fierté de pion - Commentaires [14] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 juillet 2008

Retour au prêteur

PretLivresLorsque les élèves doivent rendre leurs manuels scolaires au CDI, c'est toujours l'occasion d'un grand bordel organisé pré-annonciateur du bordel généralisé des derniers jours.

Pourtant, on essaie de faire en sorte que ça tourne pas en bazar, mais ça marche jamais. On crée un planning indiquant à chaque classe à quelle date, à quelle heure et avec quel prof les élèves doivent se rendre au CDI, sur le papier, ça a l'air si simple. Mais dans la pratique, ça vous fout une migraine du tonnerre.

Déjà, une semaine avant les dates de retour prévues, y'en a toujours qui se ramènent avec leur tas de bouquins.

- Mais dis donc ma grande, il reste dix jours de cours, c'est pas aujourd'hui que ça se passe, c'est quoi ce bordel ?

- Ben oui mais moi je pars en vacances hein !

Forcément.

Alors faut les envoyer chez Mme CDI qui pète son boulard et nous explose les tympans au téléphone.

- C'est quoi ce bazar, pourquoi vous me les envoyez, c'est pas le jour prévu, je suis dé-bor-dée, bla bla bla.

Puis arrive le fameux jour de retour des bouquins. On nous précise bien que nous les pions, on n'est pas concernés, c'est une magouille qui se passe entre les profs et Mme CDI.

Sauf.

- Heeeeu est-ce qu'un surveillant pourrait monter aider Mme CDI parce le prof qui devait l'assister est absent....

Un surveillant de moins.

- Heeeeu est-ce qu'un surveillant pourrait rester dans le couloir pour surveiller la descente des élèves dans les escaliers après leur retour de bouquins ?

Un autre de moins.

- Heeeeeu mes élèves font du bazar dans le couloir en attendant de remettre leurs livres, je peux vous laisser ma classe en perm' et puis tous les quarts d'heure, vous m'en montez cinq ?

Encore un de moins et 30 élèves en plus.

- Heeeeeu M. Prof Principal est absent donc ses élèves vont venir en perm' et vous les accompagnerez au CDI pour le retour des manuels.

Un de moins. Plus personne ni au bureau ni en perm'. Mais une soixantaine d'élèves à gérer.

Mais ça, ce n'était que le début. Parce que comme par hasard, le Prof absent nous a laissé le meilleur héritage possible : ses 6e Déchaînés.

- Bon les jeunes, on monte en silence...

- OUAIS, Youpiiiiiii, YEEEEEESSSSSSSS !

- J'AI DIT EN SILENCE BORDEL !

J'vous dis pas le niveau sonore. A moi seule, je les explose tous, les 6e.

- Bon les 6e, vous m'écoutez... Momo, tu m'écoutes ? Bon je disais... Franck, tais-toi. Donc, vous retirez les couvertures plastifiées de vos bouquins et... Chiki mais ça suffit oui ? Et donc vous mettez vos livres dans l'ordre noté au tableau là devant vous et... Momo tu vas encore dire que t'as rien compris ! Et lorsqu'ils sont dans l'ordre, on va voir Mme CDI et... Franck lâche la jambe de Momo ! Des questions ?

- Madaaaaame ! Faut enlever la couverture ?

- Madaaaaaame ! C'est où qu'c'est écrit l'ordre des livres ?

- Madaaaaaame ! Franck il m'embête !

J'ai préféré fermer la fenêtre, de peur de céder à la tentation d'en balancer un.

- Bon on la refait. Donc je disais...

- Madaaaaaame ! Moi j'ai fini !

- Montre-moi. Tu les as pas mis dans l'ordre !

- Quel ordre ?

J'ai également rangé les objets contondants, tranchants et volants.

- Allez dépêchez-vous, plus vite on en finit...

- Madaaaaame le scotch il a arraché tout le livre !

- Bah tu te débrouilleras avec Mme CDI hein et puis si tu sais pas décoller du scotch bah t'auras une amende et puis voilà.

- Quoi quoi ? Une amende ?

- Une amende Madame ?

- Elle a dit quoi ? Qu'on aurait une amende ? Oh putain !

Là, j'en aurais bien passé un par la fenêtre ou bien un petit étranglement...

- Bon on se calme avec les amendes, j'ai rien dit, on oublie... Et vous vous magnez avec les bouquins ! Sinon c'est moi qui vais mettre des amendes !

- Ah ah ah, eh m'dame vous pouvez pas hein ouais !

- Bah nan elle peut pas, y'a que Mme CDi et les policiers qui mettent les amendes !

- Eh nan hein, y'a aussi les avocats qui mettent les amendes !

- Mais nan ! C'est les juges !

- Hein ouais m'dame que c'est aussi les avocats ?

Au secours.

- Bon, eh, on s'en fout ! Démerdez-vous avec vos bouquins au lieu de dire des conneries. Allez, j'vous aide. Décollage de scotch et...

- Eeeeeeh Eluise t'as arraché le livre ! C'est toi qui payeras l'amende !

Plus jamais je ne m'approche d'un livre d'un 6e Déchaîné.

Je les ai expédiés à Mme CDI, elle est devenue folle en cinq minutes. Et alors que je tentais une esquive :

- Eluise ! Mais pourquoi ils me gonflent tous avec leurs amendes ?

- Hum... Aucune idée !

Et je me suis sauvée, lui abandonnant ainsi les 6e Déchaînés. Parce qu'elle le vaut bien.

Posté par Eluise à 01:21 - Commentaires [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 juin 2008

L'emmerdeuse qui s'emmerde

Ubuntu_Hello_Kitty_by_chipx86Au lycée, on fait plus rien. Ben oui, ya plus d'élèves, bac oblige.

Et un pion sans élèves, ça sert à quoi ? A rien. Certes, certains pions sont affectés au "service bac" et ont du boulot, mais nous autres, affectés à rien du tout, qu'est-ce qu'on s'ennuie. Parce qu'on nous fait venir, pour la forme, mais on n'a rien à faire.

En général, on se retrouve coincé dans le bureau, tout seul ou avec un compagnon d'infortune. Quand j'ai de la chance, je suis toute seule, je peux passer la journée à lire des blogs et à jouer à Questions Pour un Champion sur Internet. Quand j'ai pas de chance, je suis obligée de faire la conversation au collègue. Parce que, comme de par hasard, je me retrouve toujours avec les collègues pas rigolos, je me farcis que les chiants, quoique, je me plains mais pour l'instant j'ai échappé au tête-à-tête avec Sam. Croisons les doigts pour que ça dure.

La dernière fois, j'arrive au bureau et fébrilement, je regarde le tableau des services, tiens je vais passer l'aprem avec Zora, elle est un peu chiante mais bon, c'est toujours mieux que Sam-qui-pue.

Zora débarque quelques minutes plus tard, je ferme toutes mes fenêtres de blogs et on se met à causer soldes, décès de ma carte bleue, mariage, à critiquer les collègues, à bidouiller des trucs sur l'ordi, tout cela de façon rémunérée rappelons-le.

Au bout d'une heure, un prof débarque avec une imprimante dans les bras :

- Bonjour les filles, je viens vous installer une nouvelle imprimante, plus rapide et...

- On vous remercie mais la nôtre fonctionne très bien !

Je regarde Zora en lui faisant les gros yeux. Elle a l'air top cette nouvelle imprimante, surtout comparée à celle qu'on a actuellement qui imprime une page à l'heure. Mais Zora vire le prof, nan nan, merci vraiment, c'est pas la peine.

Le prof s'en va, le pauvre, il était plein de bonne volonté et puis cette si belle imprimante...

On reprend nos activités. On cause vacances, salaires, maquillage, bijoux.

Une autre prof entre dans le bureau, avec à nouveau cette imprimante entre les mains :

- Bonjour les filles, je viens vous installer une nouvelle imprimante, plus rapide et...

- Ecoutez, on vient de nous envoyer quelqu'un mais on n'en veut pas nous de cette imprimante !

- Ben c'est le CPE qui m'a dit qu'il vous la fallait, moi on me dit ça alors moi je fais hein !

Je ne peux me résoudre à voir un autre prof se faire virer par Zora. Non, désormais je me pose en défenderesse des profs, après tout j'vais bientôt entrer dans le club :

- Y'a pas de soucis, venez on va l'installer...

La prof et moi, on se met à plat ventre sous le bureau pour débrancher le bazar, on se prend la poussière dans les cheveux, on se demande comment fonctionne le réseau, 'tain quel bordel.

- Euh, vous en avez pour longtemps là ? Parce que moi j'ai besoin de l'imprimante en fait...

Qund je vous disais que Zora était chiante. Mais la prof est bien sympa :

- Bah avec ce matos-là, ça peut prendre dix minutes comme deux heures donc euh...

- Parce que moi j'ai un truc important à imprimer.

- Ecoutez Zora, y'a pas de souci, c'est loin d'être urgent cette installation d'imprimante donc si vous voulez je reviens plus tard.

- Ah bah je veux bien parce que bon ce que je dois faire est important hein.

Vraiment sympa cette prof, qui s'en va en sautillant. Décidemment, l'absence d'élèves est bénéfique au prof.

Moi, je soupire, je grogne, je rebranche tout, la tête derrière le bureau. Je ressors rouge, décoiffée, haletante.

- Tiens Zora, j'ai tout remis en place, tu peux imprimer.

- Mais j'ai rien à imprimer.

- C'est une blague ? Tu viens de dire que...

- J'ai dit ça pour qu'elle s'en aille, j'avais envie qu'on soit tranquille pour discuter, là ça nous aurait fait du boulot, on laisse ça aux autres. Alors tu disais, t'as acheté une bague en forme de coeur ?

- What the fuck !!!

Posté par Eluise à 23:21 - Les collègues et les profs - Commentaires [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 juin 2008

Quand le destin s'en mêle...

blogsoldesAujourd'hui c'était le premier jour des soldes, et comme toute fille ou presque, c'est-à-dire possédant le gène du shopping et étant un brin maso, je suis allée faire les magasins.

La bonne idée.

Il doit faire 50° degrés dehors.
Et à l'intérieur aussi.

Avec les copines, on a été bien déçues. Innocentes que nous sommes, on s'imaginait que les soldes, c'était quand les commerçants faisaient des prix raisonnables, et qu'on pouvait même faire des affaires.
On est connes hein.

Et puis ces hordes de filles déchaînées, ça fait flipper. Elles te poussent, te bousculent, te doublent à la cabine d'essayage, non mais oh, ça va ce bordel oui.
Et puis ce qui fait peur c'est surtout que ces filles portent du 34. Pour de vrai.
- Oh zuuuut, ils ont que du 36 !
Ajoute à cela la pollution olfactive due à l'excès de parfum et une envie de meurtre naît soudainement.

Mais bon, quand on est mordue de shopping, on supporte. La chaleur, les odeurs, les bousculades, l'énervement. On supporte. Parce qu'on espère dénicher des affaires en or, parce que claquer notre paie en fringues et chaussures, nous, on aime ça.

On supporte même les bandes de collégiennes qui te font des coucous et regardent les fringues que tu as dans les mains. T'as beau cacher le slip Hello Kitty, trop tard, ta réputation est faite. Tu portes des slips Hello Kitty.

Et en fin de journée, ô bonheur.
The pantalon, celui qui est beau, qui te fait belle comme une déesse, qui coûte rien du tout, celui que tu attendais, un peu le prince charmant du pantalon. Pour la peine, j'en prends deux. Et je fais même un sourire à la caissière. Je lui tends ma carte bancaire en trépignant, vite vite, je veux mes pantalons.
- Désolée Mademoiselle, ça marque "Carte muette".
- Tss tss, pas d'excuse. Réessayez.
- Suspense... Non toujours muette...
- Mais qu'est-ce qui lui prend à cette conne ? D'habitude elle sait la ramener cette foutue carte ! Essayez encore !
- Suspense... Non.
- Donnez-moi ça, je vais la frotter, là sur ma jupe, là sous ma godasse, un peu sur le beau pantalon aussi... Allez-y on retente.
- Mhhhh... Non !
- Putaaaaain. Bon, vous ne bougez pas, je vais retirer des espèces.

Je sors presque en courant du magasin, je me précipite sur un distributeur.
En raison d'un incident technique, nous ne pouvons bla bla bla.

Le destin j'vous dis. Le destin qui, assez peu subtilement, m'annonce que j'ai claqué suffisament d'argent pour aujourd'hui.

- Et sinon, les pantalons, vous me les mettez de côté ?

Image : http://blog4.lemondeinformatique.fr/le_blog_des_cybriens/2006/01/premier_jours_d.html

Posté par Eluise à 19:32 - La vraie vie d'Eluise - Commentaires [18] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 juin 2008

Combat de poulettes

minipoussAujourd'hui j'ai fait un voyage dans le temps, direction période du collège, adolescence revival en gros. C'est pas là que se situent mes meilleurs souvenirs, mais bon, parfois on doit y retourner, c'est comme la visite annuelle chez le dentiste, on n'y échappe pas, mais bon, moi j'ai de la chance, mon dentiste il est plutôt sympa donc ça va.

Quand j'étais au collège, j'avais ma bande de copines, parce que comme on dit, les mecs, les mecs, les mecs ils sont tous nuls. Et avec les copines, c'était à la vie à la mort, on parlait de trucs de ouf genre comment camoufler ses boutons, combien t'as payé tes Doc Martens, tu crois que Nico il est amoureux de moi, les profs c'est tous des connards. Remarquez, ça n'a pas trop changé en fait.

Et les collégiennes d'aujourd'hui, elles sont à peu de choses près identiques. Je parle des collégiennes normales, pas celles qui portent des strings, des slims, des piercings, j'étais pas comme ça, qu'est-ce que vous allez imaginer. Mes copines et moi, on était les intellos du collège d'ailleurs. Ca m'a pas menée bien loin remarquez, enfin, bon, ça m'a menée sur ce blog quoi.

Et donc aujourd'hui j'ai constaté combien :
1. les collégiennes de maintenant ont les mêmes problèmes que celles d'avant.
2. tes problèmes de collégiennes persistent même quand tu as 23 ans.

Avec Emilie, on surveillait la cour en mode été, c'est-à-dire assises sur le banc qui nous est dorénavant attitré. On était entourées de notre cour royale, ces quelques élèves qui nous kiffent à mort et nous suivent partout. On les aime bien mais bon on est limitées niveau débit de conneries quand ils sont là. On se disait donc des trucs pourris, genre qu'il faisait vachement chaud quand même. C'est à ce moment que mon oeil de lynx a été attiré par une certaine agitation dans un coin de la cour.

Dans ce coin, j'ai noté la présence d'une Mini 6e, entourée de trois grandes 4e Rockeuses dont la sollicitude était fort suspecte. Elles lui frottaient le bras, lui parlaient comme à une nunuche, et Mini 6e avait l'air de pleurer. Mais de loin, j'voyais que dalle, même en plissant les yeux à mort.

C'est toute la problématique du pion qui se veut de folie : interviens-je ou pas ? La ramener dans les affaires de tout le monde mais pas trop quand même, telle est la mission du pion de folie.

Mais Mini 6e semblait vraiment tristounette.

- Emilie, t'as vu, y'a du grabuge là-bas.

- Ah ouais.

- Eh eh si vous voulez on va voir, nous !

Ils sont prêts à tout nos fans.

- Naaaan c'est bon, j'y vais, zêtes fous ou quoi.

Effectivement, en arrivant, j'ai constaté que Mini 6e pleurait et que les 4e Rockeuses la consolaient :

- Mais pleure pas !

- C'est qu'une connasse !

- En tous cas j'adore ton jean !

Qu'est-ce qu'elles sont efficaces les 4e Rockeuses. Dire que j'ai failli débarquer et les engueuler, rah la boulette.

- Allez les filles, zêtes gentilles mais j'prends le relais.

Les 4e se sont éloignées mais pas trop, on sait jamais, il pourrait y avoir encore des larmes, de la morve, voire de la bagarre, ce serait con de louper ça.

- Bah alors Mini 6e, qu'est-ce que t'as ?

- C'est Rosie snif, snif... On s'est... On s'est... Disputées...

Je me téléporte à l'autre bout de la cour et je ramène Rosie. Suivie par tout un tas de collégiens qui s'attendaient à assister à une baston. Laissons les filles s'expliquer.

- Mais m'dame c'est la faute à Mini 6e ! Elle a traité ma mère !

- Nan c'est pas vrai !

- Si !

- Nan !

- Si, on me l'a dit !

- Ouin ouin snif.

Je suis une piètre médiatrice. Mais je me refuse à perdre mon titre de pionne de folie.

- Bon les filles, on n'avance pas des masses là. Vous êtes super méga copines alors...

- Nan, c'est plus ma copine, elle a traité ma mère !

- Rosie, t'y mets pas vraiment du tien là...

- Ouiiiiin...

- Mini 6e, non ! Non, pas les larmes !

- Tu vois, Mini 6e elle est chiante, elle fait que pleurer et faire la gueule !

- Rosie, je te trouve bien dure avec ta copine...

- C'est pas ma copine, elle a traité ma mère !

Piètre médiatrice, voyez-vous.

J'ai donc décidé de mettre momentanément fin aux accords de paix en éloignant les belligérantes. Chacune à un bout de la cour et puis voilà, démerdez-vous, si vous êtes plus copines ben vous vous parlez plus et voilà.

Sauf que Mini 6e n'arrêtait plus de renifler et sanglotait sévèrement. Un mouchoir, un verre d'eau, une chaise dans un couloir et c'était parti pour les hoquets.

- Bon Mini 6e, tu restes ici, tu te remets, moi j'ai une cour à surveiller hein... Tu viens me voir si ça va pas...

Je pensais en avoir fini avec les 6e Minipouss mais non. Rosie est revenue à la charge, finalement, ça lui faisait sacrément de peine de voir sa copine pleurer.

- J'voudrais voir Mini 6e...

- Ok Rosie mais tu fais un effort alors ?

- Ouais ouais !

Nous revoilà en position de médiation.

- Alors moi j'en ai marre de toi Mini 6e parce que tu fais tout le temps la gueule et t'es jalouse de mon amoureux !

- Mais Rosie, Mini 6e est comme ça parce qu'elle tient à toi... Quant à toi Mini 6e, il faut que tu lâches un peu Rosie parce qu'elle va vraiment en avoir marre de toi...

Et là, je sais pas ce qui m'a pris, je me suis lancée dans un grand discours sur les similitudes entre les relations amicales et les relations amoureuses, sur l'importance de la meilleure amie à la période adolescente, sur les problèmes engendrés par ladite période adolescente, sur les efforts indispensables dans toute relation humaine et...

Les 6e me regardaient avec des yeux ronds.

- Euuh. Ouais bon en fait vous êtes pas trop concernées pas vrai ? Mouais. J'dis des conneries hein ?

Silence attéré des 6e. Rah le coup de vieux dans ma tronche.

- Bon on reprend... Mini 6e, t'es très attachée à Rosie, c'est ta copine. Mais t'aimes pas qu'elle te laisse tomber pour l'amoureux... Et toi, Rosie, ça te saoûle, parce que tu l'aimes bien quand même, Mini 6e... Ben... Quand vous aurez 23 ans, ce sera toujours la même chose alors commencez à vous y faire, voilà.

Deux heures après, elles jouaient à nouveau au loup glacé dans la cour. Finalement, la prochaine fois, je laisserai les 6e se démerder.

Posté par Eluise à 23:15 - La récré - Commentaires [20] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

15 juin 2008

Eluisementaire mon cher Watson, le procès

tribunalMon histoire avec Claude a déchaîné des passions, déclenché une impatience inédite. Moi qui pensais n'intéresser que quatre lecteurs avec mes aventures du fond des chiottes, j'ai été submergée par une vague de curieux. C'est ça l'avantage de lire quelqu'un qui est encore vivant : y'a toujours une suite à l'histoire.

On en était donc au moment où Proviseur Foufou révélait que lui aussi fréquentait les toilettes et témoignait fermement de la présence de Claude dans lesdits toilettes au moment du crime. Vous appreniez également que Claude avait avoué le lendemain des événements, mais vous n'en saviez pas plus et moi non plus d'ailleurs. Pourquoi ? Parce que cela m'était rapporté par Olivier, qui tenait lui-même l'information de CPE Formidable. Et les hommes, c'est bien connu, ça sait pas raconter les histoires. Une femme, ça te met du détail, du suspens, de l'action. Un homme, c'est pragmatique, ça va directement à l'information demandée. C'est d'un triste.

Le vendredi, donc, je faisais mon retour gagnant au collège. Mais je me posais pas trop en winneuse, j'avais vaguement peur de me faire casser la gueule par un Claude quelque peu agacé par son récent passage chez Grand Proviseur.

Fort heureusement, Proviseur Foufou m'a placée sous sa haute protection dès mon arrivée :

- Bon, Eluise, vous ne retournez pas travailler avec Claude tant qu'on ne se sera pas expliqués tous ensemble. J'exigerai des excuses de sa part.

- Ben j'fais quoi en attendant ?

- Vous nous attendez dans le couloir.

Génial. J'ai donc passé près d'une heure dans le couloir. Au début c'était rigolo, je regardais les gens travailler, je me faisais les ongles. Puis j'ai commencé à m'ennuyer sérieusement. Finalement, je suis allée supplier la secrétaire de me donner quelque chose à faire.

Lorsque Proviseur Foufou, CPE Formidable et Claude ont enfin débarqué, ils m'ont cherchée partout et m'ont finalement trouvée en train de trier des papiers en rigolant avec Patou la secrétaire. Ca correspondait pas trop à mon rôle de victime mais bon. Je me suis vite reprise. Faut dire que la tête à Claude y était pour beaucoup.

Proviseur Foufou : Bon, Eluise, nous avons déjà discuté avec Claude, il a avoué être l'auteur du billet retrouvé dans les toilettes. Claude, vous vous rendez compte à présent que ces insultes sont graves ?

Claude : Attendez M'sieur Foufou, nous au foot, on s'insulte souvent !

CPE Formidable : Mais Claude, ne comparez pas votre club de foot à vos relations avec vos collègues ! Ca n'a rien à voir !

Claude : Vous savez, avant j'ai travaillé avec des gamins de ZEP, ben j'me faisais insulter tous les jours ! Les insultes, c'est pas grave !

Proviseur Foufou : Mais Claude, vous le faites exprès ou bien ?

A ce moment-là, passée mon envie de rire, j'avais un peu pitié de Claude.

Moi : Bref. Toujours est-il que j'aimerais bien savoir ce que je t'ai fait et pourquoi ces menaces...

Claude : C'était pas des menaces !

Moi : J'aurai ta peau, c'était une déclaration d'amour ?

Claude : Mais naaaaan ! En fait j'écrivais un slam ! C'est ce qu'on faisait faire aux gamins de la ZEP !

Moi : Un slam dans la cuvette des chiottes ???

Claude : Ouais, si t'avais lu l'arrière du papier, ça continuait...

Moi : Euh, l'avant m'a suffit hein !

Proviseur Foufou : Vous auriez pu tirer la chasse Claude !

Il est quand même marrant Proviseur Foufou.

CPE Formidable : Bon, et pourquoi tant de haine, Claude ?

Claude : Bah c'est à cause de la réunion de la dernière fois...

Flashback : réunion de pions avec CPE Formidable qui rappelle que tout le monde doit bosser. Claude y va de sa blague :

- Moi j'ai une petite santé, je laisse faire les femmes !

Face à une telle perche tendue, ma réponse fusa :

- Ouaip, on avait remarqué.

Fin du flashback.

Claude : ... si t'avais quelque chose à me dire, fallait pas attendre d'être devant CPE Formidable, c'est pas honnête, tu m'as cassé devant tout le monde...

Moi : What the fuck ??? C'était une blague qui répondait à ta blague...

Claude : C'est ça ouais.

CPE Formidable : Sérieusement, Claude, j'étais là et effectivement, c'était une blague !

Claude : Chacun pense ce qu'il veut.

Nous autres étions considérablement atterés.

Moi : Mais Claude, si t'avais quelque chose à me dire, tu pouvais quand même venir en parler avec moi...

Proviseur Foufou : Toujours est-il Claude, que je souhaite que vous fassiez vos excuses à Eluise qui a vraiment eu peur.

Claude : Peur ? Mais t'as pas à avoir peur ! Si j'avais voulu m'expliquer avec toi et te faire peur, je t'aurais dit viens à cinq heures à la grille on va discuter...

CPE Formidable : Excusez-moi Claude, mais vous vous exprimez comme un voyou !

Claude : Un voyou ??

Proviseur Foufou : Oui, un voyou, parfaitement ! Et vous allez au devant de graves ennuis dans votre vie si vous continuez à agir ainsi ! Alors maintenant, excusez-vous, qu'on puisse reprendre des relations de travail saines...

Claude : Bah moi j'veux bien m'excuser mais...

CPE Formidable : Mais zut alors, vous travaillez ensemble six heures par semaine et vous n'êtes pas fichus de vous supporter ?

Claude et moi on a souri on s'est regardés, il s'est excusé, je l'ai absolu et c'était fini.

Edit de 20h052 : Putain la honte. Je l'ai absous (c'est ça ?). Absolu c'était plus joli quand même.

Posté par Eluise à 19:24 - Commentaires [25] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 juin 2008

Artiversaire

auguriAujourd'hui, nous fêtons le 100e message du blog.

Et j'ai bien cru que tout le collège me faisait la fête !

Steph' avait apporté des madeleines au bureau, j'étais toute contente, c'était un peu ma madeleine d'anniversaire, pour peu j'y aurais foutu une bougie. Mais y'en a toujours qui viennent me gâcher les ptits plaisirs de la vie :

- Madame faut pas manger entre les repas !

- Qu'est-ce chroupf tu dis, cromf ?

- Et ben grignoter entre les repas ça fait grossir !

J'vous disais, le plaisir était gâché.

- Glump...Mais je grignote pas... C'est mon goûter !

- N'empêche... C'est comme ça qu'on chope des grosses fesses sur la plage !

Pour la peine, j'ai remangé une madeleine.

Puis ce fut au tour des élèves de me fêter.

Pendant la récré, Steph' et moi, on faisait une surveillance panoramique. Ca veut dire qu'on se met au milieu de la cour, on papote, et si y'en a un qui fait une connerie, même à l'autre bout de la cour, on crie vachement fort. Déploiement diamétral d'autorité. C'est mathématique.

- Ehhh les garçons vous rentrez pas dans les chiottes des filles siouplé !

Et là, surprise. les garçons ont reculé. D'eux-mêmes. Sans que j'ai à opérer de déplacement transversal, à secouer des bras, à donner des tapes, à supplier, crier, parlementer.

- Putain Steph' t'as vu ça ?

- Dingue.

Et une élève qui nous collait les basques me sort :

- Ben normal, on sait qu'avec toi, on a intérêt à obéir parce que ça rigole pas sinon.

Touchée en plein coeur. Une véritable déclaration d'amour !

Je suis devenue rouge, j'ai bafouillé, j'étais tellement émue.

- Oh... C'est vrai ?

- Ouais.

- Mais... Vous m'aimez bien quand même hein ouais ?

- Ouais, t'inquiète !

C'est vraiment un beau cadeau je trouve.

En ce qui concerne la suite de l'affaire avec Claude, y'a du nouveau. De l'aveu, de la mauvaise foi, de l'insulte et des excuses sont au programme. Je me tâte encore, je fais un article ou pas, ça devient long cette affaire, et puis le plus drôle est passé ou presque... 

Alors j'vous propose un truc. Si vraiment ça vous passionne, vous vous inscrivez à la newsletter et je vous raconte tout ça ce week-end, direct dans vos boîtes mail (vous avez la possibilité de vous inscrire en anonyme, on sait jamais, au cas où l'idée me prendrait de vous harceler...). Bon si vous êtes 800000, je publie sur le blog, pas d'inquiétude.

Si vous arrivez après la guerre, pas de souci, laissez un commentaire et je vous renvoie le message.

Ca roule ?

Edit de 21h10 : bon visiblement les aveux de Claude déchaînent les passions. Allez je publie ce week-end, sur le blog !

Posté par Eluise à 19:14 - Fierté de pion - Commentaires [16] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 juin 2008

Eluisementaire mon cher Watson, la suite

SherlockHolmesHier, vous appreniez que j'étais l'innocente victime d'un odieux message anonyme visant à me faire comprendre que telle Roger Rabbit, j'étais la cible d'une personne mal intentionnée.

Les hypothèses sont allées bon train dans les commentaires et à ma grande surprise, personne n'a trouvé le coupable. Vous êtes nuls au Cluedo nan ?

Aujourd'hui, la suite de cette enquête passionnante.

Après avoir analysé la situation, sillonné le terrain, interrogé les témoins, je n'avais rien. Mais une idée commençait à germer dans mon esprit.

Qui savait que j'allais me rendre aux toilettes à cet instant précis ? Qui me déteste et aurait donc un mobile ? Qui ai-je croisé dans le couloir en me rendant aux toilettes ? Tout s'emboîte, s'explique...

Un nom s'impose à mon esprit.

Non. Pas possible. Ce serait de la folie.

Et pourtant.

Non.

Je secoue la tête, je tente de chasser cette idée malsaine.

L'enquête est dans une impasse. Il faut que je m'adresse aux autorités compétentes.

- Bonjour Proviseur Foufou, j'ai un souci.

Je lui narre les faits, ainsi que mes premières conclusions, celles qui me poussent à penser qu'il s'agit d'un adulte. Je tais mes soupçons, présomption d'innocence oblige, j'suis pas comme ça. C'est surtout que je veux pas passer pour une connasse qui dénonce mes collègues. Enfin, pas encore une fois.

- Mais Eluise, je sais de qui il s'agit.

- Vous Proviseur Foufou ? Mais vous êtes formidable ! Comment faites-vous ? Vite, dites-moi !

- C'est Claude.

Claude, mon suspect numéro 1.

Claude, mon collègue.

Je n'aurais jamais cru que Proviseur Foufou et moi puissions être sur la même longueur d'ondes. Ni qu'un collègue veuille me faire la peau.

- Mais Proviseur Foufou, quelles sont vos preuves ?

- J'étais moi-même aux toilettes juste avant vous. Et Claude y était aussi. J'ai d'ailleurs noté qu'il y passait un temps considérable, bien supérieur à la normale, au point de me demander ce que diable il pouvait bien y faire.

Proviseur Foufou et moi sommes presques intimes en ce qui concerne nos aventures aux toilettes, notons-le. Lui aussi, c'est un enquêteur de folie.

- Vous savez, Proviseur Foufou, cette idée m'a effleuré l'esprit mais quand même, Claude ! C'est incroyable !

- Ah ça oui ! Il est fou !

C'est là que j'ai commencé à trembler et à avoir vraiment la trouille. Pour de vrai. Faut quand même être sacrément barré pour foutre des menaces au fond d'une cuvette de chiottes.

Mais heureusement, le reste de mon équipe est formidable. Proviseur Foufou a pris les choses en main et aujourd'hui, on m'a dit que Claude avait avoué, face à la pression de Proviseur Foufou, de CPE Formidable et de Grand Proviseur.

Le mobile ? Toujours inconnu.

Si Claude ne m'a pas cassé la gueule entre temps, j'vous tiens au courant. Enfin, si je retrouve le chemin du collège.

Posté par Eluise à 20:04 - Commentaires [20] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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